Société

Médias en difficulté: six propositions pour sauver le secteur!

Les organisations professionnelles des médias privés du Gabon, unies en collectif, réclament un plan de sauvetage financier urgent face à une crise économique menaçant leur survie et l’indépendance de l’information. Elles proposent six mesures concrètes, incluant une hausse de l’aide publique et une taxe sur les opérateurs mobiles, pour garantir la viabilité du secteur.

L’enveloppe globale de l’aide de l’État aux médias privés stagne à 500 millions de francs CFA par an depuis 2003. Divisée entre près de 80 médias, cette somme est devenue insuffisante pour couvrir l’augmentation des coûts de production. De plus, les annonceurs privés et les grandes entreprises se détournent des médias d’information. La faible taille du marché et la concentration des budgets vers la communication d’État appauvrissent la presse indépendante.

Ces difficultés entraînent  forcément des faillites en cascade, des retards de salaires chroniques et une forte précarisation des journalistes locaux. D’ou la nécessité pour les organisations professionnelles des médias de faire bloc: ‘’Un média asphyxié financièrement est un média fragilisé dans son indépendance. Lorsque la viabilité économique fait défaut, c’est la qualité de l’information qui recule, la précarité des professionnels du secteur qui grandit, et le droit constitutionnel des citoyens gabonais à l’information qui est directement compromis, a indiqué le représentant du collectif, Jean-Yves Ntoutoume, lors d’une déclaration commune face aux médias.

Les propositions de sortie de crise

Le collectif refuse la charité et demande plutôt la construction d’un véritable cadre économique viable. Ses propositions se divisent en deux grands axes. Sur les solutions de financements et réformes fiscales, la coalition des oarganisations fait les propositions suivantes: augmenter massivement le fonds d’aide annuel de 500 millions de francs CFA pour l’adapter aux réalités économiques actuelles, mettre en place une taxe sur le trafic internet, prélevée auprès des compagnies de téléphonie mobile pour financer la presse, obliger l’État et les institutions publiques à distribuer une partie de leurs budgets de communication aux médias privés nationaux, et instaurer un régime fiscal spécifique des entreprises de presse des exonérations douanières pour l’achat de matériel de reportage et de diffusion.

Sur le plan des réformes professionnelles et statutaires: mettre fin au choix discrétionnaire des autorités pour l’accès aux événements officiels grâce à un système d’accréditation harmonisé, et rendre la carte professionnelle plus stricte afin de mieux protéger le métier et d’écarter les faux journalistes.

Plusieurs organisations professionnelles ont paraphé ce plaidoyer, il s’agit de: OPAM; RENAJI, CPPPL, UPPIG, CIPREF-Gabon.

Adeline Babongui

 

 

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