Société

Logement social au Gabon : l’État lance un programme national sans surcoût pour le citoyen

 l’État lance un programme national sans surcoût pour le citoyenLe lancement du programme de logements de Bikélé-Nzong marque un tournant majeur. Grâce à un mécanisme inédit de réorientation des primes, les Gabonais peuvent désormais acquérir un toit sans toucher à leur budget mensuel.

Le coup d’envoi de ce vaste chantier national a été donné ce 2 juin 2026 par le chef de l’état, Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce dispositif s’attaque directement au défi de l’accès à la propriété, en ciblant prioritairement les agents publics affectés à l’intérieur du pays, mais reste pleinement ouvert aux particuliers et aux salariés du secteur privé.

Il s’agit de 3 100 logements comme volume de construction pour le lancement immédiat du programme. Et 5 000 logements : construits par le groupe marocain Addoha sur une période globale de 7 ans. En province, ce sont 150 logements qui sont en vue. Un déploiement simultané comprenant déjà 50 unités engagées à Lambaréné, 50 à Makokou et 50 à Franceville.La règle d’attribution est stricte pour garantir l’équité : un seul logement est autorisé par famille et par individu.

Le mécanisme financier: transformer un loyer perdu en patrimoine

Le cœur de ce programme repose sur une optimisation des finances publiques. Actuellement, la masse annuelle des primes de logement versée par l’État s’élève à 120 milliards FCFA (soit 10 milliards FCFA par mois). Ces sommes, jusqu’ici englouties dans des loyers sans retour sur investissement, sont désormais réorientées vers la construction de patrimoine durable.

Pour le citoyen, l’avantage économique est immédiat. Un fonctionnaire qui complète souvent sa prime de logement de sa poche pour se loger évite désormais le surendettement. Pour une maison de deux chambres par exemple, l’effort financier est lissé sur une période de dix à douze ans. Au terme de cette échéance, le souscripteur devient définitivement propriétaire de son bien, sans avoir subi de surcoût sur son reste à vivre.

Pas de prélèvement avant les clés

Pour rompre avec les dérives du passé, une garantie de sécurité totale est instaurée: aucun prélèvement n’est effectué pendant la phase de construction, que celle-ci dure six mois ou un an. Les coupures ne débutent que le jour de la remise effective des clés, moment précis où la prime est officiellement convertie pour financer le logement.

Pour s’inscrire à ce programme de logement, les postulants devraient rédiger une adressée au ministère du logement et de l’habitat, en mentionnant le numéro NIP, le type de villa choisi (2, 3 ou 4 chambres et les données professionnelles (matricule solde, NIF, lieu de travail, s’acquitter d’une caution de 3 millions FCFA sur le compte séquestre dédié auprès de la BGFI, et joindre le reçu de versement à la demande.  Les premiers dossiers complets enregistrés seront les premiers servis.

Concernant la caution de 3 millions FCFA, son montant reste mesuré par rapport aux anciens tarifs de la SNI (qui oscillaient entre 4 et 5 millions FCFA) ou au prix d’un terrain nu. Pour faciliter cet effort de départ, plusieurs établissements bancaires de la place, notamment Orabank et Ecobank, se positionnent pour financer cette caution par le biais de crédits bancaires adaptés.

En somme, ce dispositif national modifie profondément l’accès à la propriété au Gabon. Le principe est simple, le fonctionnaire ne dépense rien de son salaire actuel, car c’est l’État qui prend en charge le logement en transformant directement la prime existante en une maison qui lui appartient.

Adeline Babongui

 

 

 

 

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