Finances et Climat : le Gabon en première ligne aux 61es assemblées annuelles de la BAD à Brazzaville

Réunissant plus de 3 000 délégués sous le thème de la mobilisation des ressources financières face au changement climatique, cet événement de grande envergure est marqué par une implication stratégique et majeure du Gabon, portée directement par le président Brice Clotaire Oligui Nguéma Un sommet crucial pour le développement africain.
Du 25 au 29 mai 2026, la capitale de la République du Congo, Brazzaville est l’épicentre de la finance africaine en accueillant les 61es Assemblées annuelles de la BAD, couplées à la 52e session du Fonds africain de développement. Face à la contraction de l’aide publique mondiale et aux risques géopolitiques, les dirigeants africains et les bailleurs de fonds se mobilisent pour réformer l’architecture financière du continent.
C’est dans ce cadre hautement stratégique que la République du Congo a organisé la table ronde des bailleurs de fonds du Plan d’investissement du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, placée sous le haut patronage du président Denis Sassou N’Guesso. L’objectif phare de cette session est de lever 5,32 milliards de dollars américains (environ 3 006 milliards de FCFA) pour financer 63 projets structurants répartis à travers 17 pays de la région.
L’implication du Gabon: un changement de paradigme imposé par Libreville
Le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguéma, a prononcé une allocution remarquée au nom de la République gabonaise. Portant la voix d’un leadership environnemental assumé, le Gabon a fermement redéfini les termes des relations avec la communauté internationale.
L’action et le discours du Gabon s’articulent autour de trois piliers majeurs : un partenariat et non une aide : le Gabon refuse la posture historique de demandeur. Il rappelle que l’Afrique rend un service écologique global au reste de la planète via ses forêts et que cette contribution doit faire l’objet de partenariats équitables basés sur la confiance, et non de compensations assimilées à de la charité.
Rappelant que « l’histoire retiendrait moins ce que nous aurons déclaré que ce que nous aurons financé », la diplomatie gabonaise pousse pour que les promesses financières internationales se traduisent immédiatement en flux concrets sur le terrain. C’est le temps des réalisations tangibles.
Le Gabon cherche à s’éloigner du modèle purement extractif (pétrole et mines) pour diversifier son économie grâce au Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Pour le pays, la protection de l’environnement doit générer de la richesse et de l’emploi local.
Fidèle à ses engagements écologiques -le pays possédant une couverture forestière de plus de 88 % -, Libreville a formellement soumis quatre projets prioritaires au portefeuille initial du Fonds Bleu : la gestion durable des conflits homme-faune ; la restauration et la protection des mangroves ; la valorisation locale des produits forestiers ; l’allocation durable des terres et la gestion des ressources en eau.
En s’affichant comme le fer de lance de la croissance verte en Afrique centrale, le Gabon consolide son leadership au sein de la CEMAC et de la CEEAC, tout en se positionnant stratégiquement en vue des prochaines négociations climatiques mondiales.
Blaise Mangady




