Le salafisme saoudien au cœur des fondements idéologiques du terrorisme

Le journaliste malien Abdoul Niang, figure médiatique particulièrement scrutée pour ses prises de position tranchées sur la crise sécuritaire au Sahel, a suscité d’intenses débats à travers ses interventions décryptant les fondements idéologiques et religieux du terrorisme.
Dans ses analyses, notamment exposées dans des interventions vidéo largement relayées sur You Tube, le journaliste s’attaque directement aux racines doctrinales du djihadisme en pointant du doigt le salafisme (souvent associé au wahhabisme) promu historiquement par l’Arabie Saoudite.
Cette grille de lecture rigoureuse et sans concession replace la dimension théologique au centre de l’équation géopolitique du terrorisme dit musulman ou islamiste. Pour Abdoul Niang, la violence des groupes armés terroristes (comme le JNIM ou l’EIGS qui endeuillent le Mali et le Sahel) n’est pas le fruit du hasard. Elle découle d’un endoctrinement méthodique basé sur le salafisme saoudien.
Le journaliste rappelle que cette idéologie repose sur une interprétation littérale, ultra-conservatrice et exclusive des textes sacrés. Elle divise le monde de manière binaire entre « vrais croyants » et « mécréants ». Dans cette logique analysée par le chroniqueur, le salafisme porte en lui les germes de l’excommunication (takfir). Cela permet de déclarer apostats non seulement les non-musulmans, mais aussi les musulmans traditionnels (notamment les adeptes du soufisme majoritaire en Afrique de l’Ouest), légitimant ainsi la violence à leur encontre.
L’Arabie Saoudite face à ses responsabilités historiques
L’angle le plus audacieux de l’analyse d’Abdoul Niang réside dans la mise en cause de la diplomatie religieuse de Riyad. Pendant des décennies, profitant de la manne pétrolière, l’Arabie Saoudite a financé des mosquées, des centres culturels et des bourses d’études à travers le monde, particulièrement en Afrique. Ce canal a favorisé la diffusion d’un islam rigoriste étranger aux traditions tolérantes du continent.
En qualifiant de manière incisive l’Arabie Saoudite de source matricielle ou de « parrain » de l’idéologie qui nourrit le terrorisme, le journaliste souligne le lien de cause à effet entre l’exportation globale de cette doctrine et l’émergence des ‘’katibas’’ sahéliennes.
Les sorties médiatiques d’Abdoul Niang sur ce sujet ne se limitent pas à une analyse académique ou théologique, elles portent une charge politique explosive au Mali et à l’échelle internationale. S’attaquer aux fondements religieux du terrorisme et cibler directement l’Arabie Saoudite -gardienne des lieux saints de l’Islam- place le journaliste sous le feu des projecteurs et suscite de vives controverses. Ses détracteurs l’accusent parfois de verser dans la spéculation ou la manipulation émotionnelle, tandis que ses partisans saluent son courage à briser les tabous.
À travers cette lecture, le journaliste rappelle implicitement que la réponse militaire (menée par les Forces de Défense et de Sécurité) ne peut suffire. Pour éradiquer durablement le terrorisme, le Sahel et le monde musulman doivent mener une véritable guerre idéologique visant à déconstruire les dogmes salafistes et à réhabiliter un islam de paix, de tolérance et de cohabitation.
Adeline Babongui



