Société

Transport public : le Gabon entre dans l’ère de la modernité avec la naissance de la CNT

Le paysage des transports publics gabonais s’apprête à vivre une révolution sans précédent. Avec le lancement opérationnel imminent de la Compagnie Nationale de Transport (CNT), les autorités de la Cinquième République affichent clairement leur ambition : offrir aux usagers un réseau moderne, fiable, sécurisé et accessible à toutes les bourses.

Le signal de cette profonde mutation est marqué par l’acquisition d’un parc roulant et logistique d’envergure. Pour constituer le socle opérationnel de la CNT, l’état a mis les petits plats dans les grands en réceptionnant : 100 autobus de 66 places destinés au réseau urbain, 25 autocars de 28 places pour les liaisons interurbaines, 12 camions citernes et 5 semi-remorques, 2 conteneurs de pièces détachées, incluant 180 pneumatiques, un compresseur industriel, une machine de montage/démontage de pneus ainsi qu’une pompe à graisse industrielle.

Avant leur mise en service officielle, ces véhicules ont passé avec succès un test grandeur nature de 200 kilomètres au départ de Libreville, confirmant leur totale aptitude à affronter le réseau routier national.

Modernisation des infrastructures et innovation technologique

L’ancienne base de la SOGATRA a subi une métamorphose complète. Un vaste programme de réhabilitation a permis le bitumage intégral du parking principal, la rénovation de quatre fosses mécaniques et d’une fosse de vidange, la remise à niveau des ateliers, la réfection des bâtiments administratifs, ainsi que l’installation d’une seconde citerne de 20 000 litres et d’un groupe électrogène industriel.

La grande innovation de cette transformation réside dans l’intégration de la technologie. Le Gabon se dote, pour la première fois, d’une salle moderne de gestion du trafic. Ce centre névralgique permettra de suivre et de contrôler en temps réel l’ensemble des opérations urbaines et interurbaines, garantissant une régularité et une sécurité optimales pour les voyageurs.

Vers le « Zéro Cash » : une gestion 100 % digitale

Dans un souci de transparence et de bonne gouvernance, la CNT opère une rupture radicale en adoptant une digitalisation complète de sa chaîne de paiement. Les transactions se feront exclusivement par voie électronique, supprimant toute manipulation de numéraire à bord et aux guichets. Cette mesure forte promet de sécuriser les recettes et d’optimiser les flux financiers de l’entreprise.

Pour soulager le portefeuille des ménages, la CNT mise sur une politique tarifaire agressive et particulièrement compétitive.

Pour le réseau interurbain (au départ de Libreville) : Lambaréné : 5 000 FCFA, Mouila : 8 000 FCFA, Lebamba : 10 000 FCFA, Oyem / Makokou / Tchibanga : 12 000 FCFA, Bitam : 13 000 FCFA.

Pour le réseau urbain (Grand Libreville) :
La compagnie introduit des cartes d’abonnement mensuelles offrant des déplacements illimités : Pass Élève : 5 000 FCFA, Pass Étudiant : 8 000 FCFA, Pass Social GEF : 3 000 FCFA, Pass Urbain : 17 000 FCFA, Pass Famille (le bénéficiaire + 2 ayants droit) : 35 000 FCFA.

Le capital humain au cœur du projet : 100 % des emplois préservés

La naissance de la CNT soulevait de vives inquiétudes chez les 1 296 agents cumulés de la SOGATRA et de Transurb. Face à cela, le ministre d’état, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, s’est voulu rassurant : conformément aux très hautes instructions du Président de la République, l’ensemble des travailleurs conservera son emploi au sein de la nouvelle entité.

Parallèlement, le Ministère des Transports a investi massivement dans la mise à niveau des compétences. À ce jour, plus de 250 chauffeurs ont déjà bénéficié d’une formation spécialisée pour la conduite des poids lourds et le transport de matières liquides sensibles, garantissant un démarrage sous le signe du professionnalisme.

Avec la CNT, le Gabon ne se contente pas de réformer son administration; il réinvente sa mobilité pour l’aligner sur les standards internationaux du développement durable.

Melchior Ndabeyene

 

 

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