Société

Africa N°1 : le Gabon récupère la propriété exclusive de la radio mythique

L’État gabonais et la Libye ont conclu un accord historique le mardi 12 mai 2026 à Libreville, actant le transfert intégral du contrôle d’Africa N°1 au Gabon. Cet accord met définitivement fin à la participation majoritaire libyenne héritée des années 2000. Le Gabon devient ainsi l’unique propriétaire de cette station légendaire, consacrant le retour complet de sa souveraineté médiatique.

Cette réappropriation exclusive s’inscrit dans la feuille de route du président de la république Brice Clotaire Oligui Nguema. Les nouvelles autorités ont initié une stratégie globale de relance des médias publics nationaux. Sur le plan des infrastructures, les studios historiques du centre-ville de Libreville ont été entièrement réhabilités et modernisés. Un plateau provisoire a été déployé au complexe d’Agondjé, quelques jours avant l’ouverture du dialogue national inclusif de mars-avril 2024.

Au niveau du contenu et du rayonnement : le Gabon redonne vie à un patrimoine mémoriel. La station prépare des programmes axés sur la culture, l’entrepreneuriat des jeunes et l’actualité continentale. Quant à la modernisation technologique, la radio va basculer vers le numérique et le streaming pour toucher la diaspora africaine mondiale.

Avec le rachat complet d’Africa n°1, Libreville ne récupère pas seulement un outil technique. Le Gabon reconquiert un levier majeur d’influence diplomatique pour faire résonner la voix d’une Afrique fière et connectée.

Le dénouement d’un long feuilleton géopolitique

Créée en 1981 sous l’impulsion du président Omar Bongo Ondimba, Africa N°1 a été le cœur battant du panafricanisme sur les ondes : ‘’la radio panafricaine’’. Équipée des émetteurs ondes courtes ultra-puissants de Moyabi (province du Haut-Ogooué), la station réunissait plus de 20 millions d’auditeurs à son apogée devançant même largement les médias occidentaux en Afrique francophone.

Quelques années après, le média a sombré dans une crise profonde suite à plusieurs bouleversements. En 2007, la Libye de Mouammar Kadhafi reprend 52% de la radio panafricaine.  En 2011, l’instabilité politique de la Libye cause l’abandon financier de la station. Conséquences, accumulation de lourdes dettes, interruptions de signal et dégradation totale du siège à Libreville.

Les récentes négociations menées par le ministère gabonais de la Communication et des médias ont permis de dénouer les blocages juridiques avec la délégation libyenne.

Le dernier défi des autorités du pays réside aujourd’hui dans le choix des dirigeants de la radio. Dans un monde médiatique de plus en plus en mutation, le choix des futurs dirigeants doit s’appuyer non seulement sur l’expérience managériale et éditoriale, mais aussi dans la maitrise des nouveaux outils des médias.

Adeline Babongui

 

 

 

 

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