Lutte contre la ‘’fast fashion’’: l’Europe et l’Afrique main dans la main

L’Europe et l’Afrique unissent leurs forces pour protéger leurs industries textiles locales et limiter les dégâts écologiques causés par les géants chinois de la ‘’fast fashion’’. Le 30 juin dernier à Bruxelles, sous l’égide du groupe ESL Rivington, des acteurs du secteur ont plaidé pour un partenariat stratégique entre l’Europe et l’Afrique pour bâtir une industrie textile saine. But: contrer l’invasion chinoise.
La ‘’fast fashion’’ encore appelé mode éphémère consiste à fabriquer des tonnes de vêtements très vite et pas cher. Pour ce faire, des applications venues d’Asie, notamment de Chine inondent les marchés du monde entier. Toute chose qui pose plusieurs grands problèmes, en termes de destruction d’emplois, avec les usines locales en Europe et en Afrique qui ne peuvent pas rivaliser avec des prix aussi bas. La question environnementale n’est pas en reste, la ‘’fast fashion’’ provoque une pollution géante, car cette industrie produit énormément de gaz à effet de serre et de déchets. Or, le continent africain reçoit des millions de vêtements d’occasion ou jetables, transformant certaines zones en décharges de tissus.
Le but de la fast fashion est de copier les dernières tendances de la mode et de les amener en magasin le plus vite possible. Des vêtements sont dessinés, fabriqués et mis en vente en seulement quelques semaines, voire en quelques jours pour l’ultra fast fashion sur internet.
Ici, les prix bas poussent les clients à acheter souvent, même s’ils n’en ont pas besoin. Mais les tissus s’usent vite, ce qui oblige à jeter le vêtement et à en acheter un nouveau. Mais derrière les petits prix se cachent de lourdes conséquences pour la planète et pour les humains.
En effet, pour fabriquer un seul jean, il faut environ 7000 litres d’eau (l’équivalent de 50 baignoires). De plus, les teintures chimiques polluent les rivières près des usines. La majorité de ces habits sont faits en polyester, une matière dérivée du pétrole. Quand on les lave, ils rejettent des microplastiques dans les océans. Du coup, les millions de tonnes de vêtements non vendus ou jetés finissent dans des décharges à ciel ouvert, notamment en Afrique ou en Amérique du Sud.
Les actions de lutte du côté de l’Europe
Du côté de l’Europe, le vieux continent durcit ses lois pour freiner l’arrivée de ces colis. La France a d’ailleurs voté, le 29 juin 2026 une loi pionnière contre l’ultra fast fashion en mettant en place des amendes financières avec un système de « malus » (pollueur-payeur), une taxe qui va s’appliquer sur les vêtements des marques qui produisent trop de modèles. Porté par le parlement, ce texte vise à freiner l’impact écologique désastreux de la mode jetable et cible directement les géants asiatiques du secteur comme Shein et Temu.
A partir du 1er janvier 2027, les marques de mode ultra-express ne pourront plus faire de publicité à la télévision, à la radio, sur internet ou par affichage. De même que les publicités pour ces applications de mode jetable, notamment par les influenceurs, vont être interdites. Enfin, l’Union européenne a mis en place de nouveaux droits de douane sur les petits colis achetés en ligne pour éviter la concurrence déloyale.
Du côté africain, le continent noir refuse de rester dépendante des vêtements importés et veut valoriser ses propres ressources, en développant le «Made in Africa ». Les pays africains veulent transformer eux-mêmes leur coton, fabriquer les fils et les vêtements pour créer des usines et des emplois localement.
A titre d’exemple, à pleine capacité, les unités béninoises traiteront environ 38 millions de tonnes de de coton par an, générant plus de 250 millions d’euros de revenus et créant 16000 emplois directs. En somme, les unités togolaises et béninoise d’Arise IIP projettent d’exporter l’équivalent de 170 millions de dollars de textile vers l’UE d’ici 2030.
L’objectif de cette bataille commune entre l’Europe et l’Afrique contre la ‘’fast fashion’’ est clair: les deux continent veulent s’entraider pour créer un commerce de vêtements plus propre, plus solide et respectueux des travailleurs.
Blaise Mangady




