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Kémi Séba : de l’arrestation pour séjour illégal à la menace d’extradition vers le Bénin

Interpellé lundi 13 avril 2026 à Pretoria, le militant panafricaniste Stellio Gilles-Robert Capo-Chichi, alias Kémi Séba, fait face à une procédure complexe mêlant infraction migratoire et mandat d’arrêt international. Entre les mains de l’unité d’élite des « Hawks », son sort dépend désormais de la justice sud-africaine.

C’est dans l’effervescence du Brooklyn Mall, l’un des centres commerciaux les plus fréquentés de la capitale, que l’arrestation a eu lieu. Kémi Séba n’était pas seul : il était accompagné de son fils, Khonsou Seba Capo-Chichi, âgé de 18 ans, et de François Van Der Merwe, un ressortissant sud-africain. Initialement, la police sud-africaine agissait sur la base d’informations concernant un réseau de migration clandestine. Selon les enquêteurs, le militant aurait remis une importante somme d’argent à son accompagnateur sud-africain pour organiser un passage illégal vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo.

Rattrapé par le passé judiciaire béninois

Le dossier a pris une tournure internationale lors de la vérification de l’identité des suspects au commissariat. Les autorités ont découvert l’existence d’un mandat d’arrêt international émis par le Bénin en décembre 2025. Kémi Séba est poursuivi   par la  CRIET (Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme) pour apologie de crimes contre la sûreté de l’état et incitation à la rébellion et à l’insurrection. Ces accusations font suite à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 contre le président Patrice Talon, que l’activiste avait publiquement saluée dans plusieurs vidéos.

L’intervention des « Hawks » et l’indépendance de la justice

Compte tenu de la gravité des faits, le dossier a été transféré aux Hawks (les Faucons), une unité d’élite de la police sud-africaine dédiée au crime organisé et aux affaires sensibles. L’affaire est désormais sous la supervision du procureur général, Shamila Batohi, réputée pour sa fermeté et son imperméabilité aux pressions politiques. Alors que le gouvernement béninois a officiellement transmis une demande d’extradition, la défense de Kémi Séba a répliqué en déposant une demande d’asile politique.

Des révélations troublantes dans les coulisses de l’activisme

En parallèle de cette procédure, des fuites sur les réseaux sociaux d’une conversation privée entre Kémi Séba et un activiste togolais viennent ébranler son image de leader panafricaniste inconditionnel. Dans ces échanges interceptés, il exprime un profond désenchantement vis-à-vis de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de l’influence russe, les qualifiant d’« opportunistes » ne visant que leurs propres intérêts.

La prochaine audience, fixée au au 29 avril 2026 au tribunal régional de Pretoria, sera déterminante pour l’avenir de l’activiste.

Melchior Ndabeyene

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