Rachat de Colas par la Holding ACK : l’acte de naissance d’un géant national de l’infrastructure !

L’officialisation du rachat des actifs de Colas Gabon par la Holding ACK marque un tournant historique pour l’économie gabonaise. Plus qu’une simple transaction financière, cette opération signe la fin de l’hégémonie des multinationales dans le secteur stratégique du BTP et consacre l’émergence d’un leadership économique local prêt à relever les défis de la souveraineté.
C’est une onde de choc qui parcourt le secteur des travaux publics en Afrique centrale. En avril 2026, la Holding ACK, dirigée par l’homme d’affaires Alain-Claude Kouakoua, a acté la reprise de 90 % des parts de Colas Gabon, filiale historique du groupe français Bouygues présente dans le pays depuis plus de 70 ans. Ce mouvement de « gabonisation » des leviers de croissance s’inscrit dans une dynamique de réappropriation de l’outil industriel national.
Pendant sept décennies, Colas a été le visage de la route au Gabon. Son départ, au profit d’un acteur national, symbolise la maturité acquise par le secteur privé local. Pour la Holding ACK, cette acquisition ne consiste pas seulement à ajouter un nom à son portefeuille, mais à absorber un savoir-faire, des équipements de pointe et, surtout, un carnet de commandes pesant plus de 76 milliards de FCFA.
En conservant 10 % du capital, l’État gabonais assure une continuité institutionnelle, tout en laissant les mains libres à ACK pour transformer cette entité en un champion national capable de rivaliser avec les groupes internationaux sur l’échiquier continental.
Un hub industriel au service du tissu local
L’un des piliers de ce rachat repose sur la transformation des infrastructures de Colas en un « hub industriel ouvert ». Alain-Claude Kouakoua l’a martelé : l’objectif est de briser les monopoles d’accès aux ressources techniques. En ouvrant les carrières et les centrales d’enrobage aux PME locales, la Holding ACK compte impulser un effet multiplicateur sur l’économie. Cette stratégie vise à réduire les coûts de construction pour l’ensemble des acteurs nationaux et à stimuler l’emploi. Le maintien de l’intégralité des 254 postes de travail de Colas est, à ce titre, un signal fort envoyé aux partenaires sociaux : la croissance se fera avec l’expertise locale existante.
Les défis de la souveraineté économique
Toutefois, le passage du statut de sous-traitant ou d’acteur de taille moyenne à celui de leader national impose des défis colossaux. La gestion de projets d’envergure, tels que ceux actés lors du récent Forum économique Gabon-France, nécessite une rigueur opérationnelle et une capacité financière sans faille.
Le rachat par ACK pose également la question de l’indépendance technique. Si le matériel est désormais gabonais, l’enjeu sera de maintenir le niveau d’innovation et de qualité qui faisait la renommée de Colas. Pour les observateurs, c’est un test de crédibilité pour le patronat gabonais : prouver qu’une entreprise 100 % locale peut bâtir les infrastructures structurantes du Gabon de demain avec la même exigence internationale.
Un nouveau paradigme
Le rachat de Colas Gabon par la Holding ACK est le symptôme d’un changement de paradigme. Il illustre une volonté politique et économique de voir les richesses et les compétences rester au cœur du pays. Si le pari est réussi, ACK ne sera plus seulement une holding de travaux publics, mais le moteur d’une nouvelle indépendance économique, prouvant que le leadership ne s’octroie pas, il se conquiert.
M.N




