BEAC : diversification et optimisation des réserves de change

L’admission d’Africa Finance Corporation (AFC) et de Bank of China (BOC) comme nouvelles contreparties de la salle des marchés de la BEAC marque un tournant stratégique majeur pour la gestion financière de la zone CEMAC.
Le conseil d’administration de la Banque des états de l’Afrique centrale (BEAC) réuni le 20 juillet dernier à N’Djamena, la capitale du Tchad, a acté l’admission de ces deux institutions financières comme nouvelles contreparties de la salle des marchés de la BEAC. Depuis quelques temps, la Banque centrale cherchait activement à diversifier le placement de ses avoirs extérieurs, qui s’élevaient à 7 248 milliards de FCFA à la fin avril 2026. L’intégration de l’AFC (institution panafricaine) et de la Bank of China (géant bancaire mondial appartenant à l’État chinois) offre de nouvelles opportunités de rendement et de gestion des risques sur la scène internationale, rompant avec le circuit traditionnel des correspondants bancaires exclusivement occidentaux.
L’arrivée de la Bank of China valide l’ambition de la BEAC, portée par son gouverneur Yvon Sana Bangui, d’intégrer le yuan chinois (RMB) dans son panier de réserves de change.
Une opération qui permet de réduire les coûts dans les transactions entre la zone Cemac et la Chine. En effet, le commerce entre la zone CEMAC et Pékin s’intensifiant, détenir du yuan évite les coûts de conversions successives (FCFA → Euro → Dollar → Yuan). Ce statut de contrepartie et de correspondant bancaire permet de sécuriser et de tracer à 100 % les flux de capitaux liés aux transactions sino-africaines.
Synergies pour le financement des infrastructures
L’admission d’Africa Finance Corporation (AFC), spécialisée dans l’énergie, les transports et le développement industriel, est stratégique. Quatre États membres de la CEMAC (Gabon, Cameroun, Tchad et Congo) étant déjà actionnaires de l’AFC, ce statut de contrepartie fluidifie les transferts de capitaux et favorise les co-investissements massifs dans les infrastructures de la sous-région, des besoins cruciaux pour la croissance de la zone.
En attirant des institutions de cette envergure, la salle des marchés de la BEAC modernise ses instruments financiers et gagne en profondeur de marché. Cela témoigne d’une volonté d’indépendance de gestion progressive de l’institution et d’alignement sur les meilleures pratiques monétaires mondiales, facilitant à terme une meilleure liquidité pour les banques commerciales de la zone.
Adeline Babongui




