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Forum Africain de l’Eau à N’Djamena: l’heure des choix stratégiques pour la souveraineté hydrique du continent

Les 15 et 16 juillet 2026, la capitale tchadienne est devenue le centre névralgique de la diplomatie environnementale et économique du continent. Coorganisé par le gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale, le tout premier Forum africain de l’eau s’est tenu sous le thème évocateur: «De la vision à l’action ».

 

Cette rencontre de haut niveau intervient à un moment critique où plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une eau potable de base. Pour le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, l’événement a constitué une véritable démonstration d’influence et de leadership régional. Dès l’ouverture des assises, la capitale a enregistré la participation de plusieurs chefs d’État majeurs venus sceller un engagement commun.

Parmi les figures de proue figuraient le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema ainsi que le président béninois Romuald Wadagni. Les dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES) ont également concentré l’attention, rappelant que l’eau demeure au cœur de la survie et de la stabilité des territoires.

Lors de son allocution d’ouverture, le président Mahamat Idriss Déby Itno a rappelé avec insistance que la sécurité de l’eau constitue un enjeu de développement économique, de stabilité étatique et de résilience face au changement climatique.

Suivant cette même ligne, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a exhorté ses homologues à rompre définitivement avec une gestion cloisonnée ou strictement sectorielle des ressources. Selon les grandes orientations partagées au forum, l’Afrique doit désormais croiser ses politiques publiques en intégrant simultanément l’eau, l’agriculture, l’énergie et la santé publique. À cette occasion, le chef de l’État congolais a réaffirmé l’ambition nationale de son pays d’atteindre un taux d’accès à l’eau potable de 60 % d’ici 2035.

L’eau comme levier d’industrialisation et de financement

L’un des principaux points d’ancrage des discussions a concerné le déploiement opérationnel de ‘’Water Forward’’. Cette initiative mondiale, lancée en avril 2026 à Washington par le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, trouve à N’Djamena sa première déclinaison pratique sur le sol africain. L’objectif est titanesque : sécuriser l’accès à l’eau pour un milliard de personnes à l’horizon 2030. Pour y parvenir, le forum a mis l’accent sur des solutions concrètes : transformer le secteur de l’eau en un véritable levier d’industrialisation en fabriquant localement des tuyaux, des pompes, des compteurs et des systèmes d’irrigation, structurer des projets techniquement mûrs et financièrement viables pour attirer les capitaux privés et optimiser les ressources publiques, enfin consolider la coopération autour des grands bassins hydriques, à l’image du Bassin du Lac Tchad, pour prévenir les conflits d’usage qui ne cessent de croître à cause du stress climatique.

En refermant ses portes le 16 juillet 2026, le Forum de N’Djamena réussit le pari de positionner l’eau non plus comme une simple ressource de subsistance, mais comme une infrastructure géostratégique majeure pour l’Afrique. Les regards se tournent désormais vers la mise en œuvre effective des pactes nationaux conclus avec le Groupe de la Banque mondiale. L’histoire dira si le sommet de N’Djamena aura marqué le véritable passage de la parole aux actes pour le bien-être des populations africaines.

Blaise Mangady

 

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