Un ‘’Mur du souvenir’’ pour rappeler le sacrifice des aînés!

Quatre vingt six ans après les affrontements fratricides de la Seconde Guerre mondiale en Afrique Équatoriale Française (AEF), le Pont de Gué-Gué s’est définitivement mué en un sanctuaire de la réconciliation et du souvenir.
Ce lundi 13 juillet 2026, les plus hautes autorités françaises et gabonaises ont procédé à l’inauguration solennelle du «Mur du Souvenir», un monument d’envergure érigé en hommage aux militaires français, tirailleurs africains et alliés tombés lors des violents combats du 12 novembre 1940.
C’est sous un ciel solennel et face à la mer que le ruban symbolique a été coupé conjointement par les représentants des deux nations (Gabon et France), scellant une mémoire désormais partagée.
Un carrefour historique réhabilité
En novembre 1940, alors que l’Europe pliait sous le joug nazi, Libreville devenait le théâtre d’un choc décisif de la campagne du Gabon entre les forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle et les troupes restées fidèles au régime de Vichy. Le Pont de Gué-Gué, situé dans le 1er arrondissement de Libreville, constitua l’ultime ligne de front avant la prise de la capitale, un affrontement crucial qui permit le ralliement de l’AEF à la France Libre.
Souhaitant la bienvenue aux autorités gabonaises et françaises pour la circonstance, le maire de la commune de Libreville, Eugène Mba, a indiqué que le ‘’Mur du souvenir’’ est un lieu qui est «désormais inscrit au patrimoine de notre capitale» ; tout en rappelant que la bataille de Libreville est certainement la «moins connue de la seconde guerre mondiale», mais elle n’est pas «pour autant un épiphénomène ou un détail périphérique de l’histoire. Bien au contraire».
Longtemps resté un simple axe routier, le site du pont de Gué-Gué arbore désormais une architecture mémorielle épurée, conçue pour inviter au recueillement. Le mémorial met à l’honneur l’effort collectif de cette libération : les tirailleurs africains et soldats européens, les marins, aviateurs et médecins militaires, et les civils impactés au cœur des combats
Transmettre l’histoire, cultiver la paix
Au-delà de l’hommage militaire, les allocutions officielles ont insisté sur la dimension pédagogique de l’ouvrage. «C’est une mémoire partagée entre le Gabon et la France», a rappelé Fabrice Mauriès, ambassadeur de France au Gabon. Ce monument «n’exalte pas la guerre, mais se veut un vecteur de transmission pour la jeunesse gabonaise et internationale, afin que le sacrifice des aînés ne soit jamais oublié», a insisté Brigitte Onkanowa, ministre d’état, ministre de la défense nationale du Gabon.
L’événement s’inscrit par ailleurs dans le cadre d’un renforcement mémoriel et diplomatique global entre Paris et Libreville, à l’aube du sommet bilatéral prévu ce mois de juillet 2026. Aménagé avec des espaces publics et des bancs, le « Mur des Souvenirs » s’impose dès aujourd’hui comme un nouveau jalon incontournable du patrimoine historique de la capitale gabonaise.
Adeline Babongui




