Santé : le CHU Mère-Enfant Jeanne Ebori en plein naufrage

Les ascenseurs sont totalement en panne, la climatisation est à l’arrêt et les prestations médicales sont vivement critiquées par les usagers. Le Centre Hospitalier Universitaire Mère-Enfant Fondation Jeanne Ebori, autrefois salué comme le fleuron hospitalier de Libreville, subit une dégradation critique de ses infrastructures.
Ce déclin structurel s’est accéléré depuis la résiliation du partenariat public-privé et le retour officiel de l’établissement sous une gestion exclusive par les cadres nationaux. Constat: le quotidien au sein de l’établissement a basculé dans la précarité logistique, impactant directement la sécurité des soins :
Les ascenseurs sont hors service, conséquence: les femmes enceintes, les accouchées et le personnel transportant des nouveau-nés doivent gravir les étages à pied, jusqu’au dernier étage; le quatrrième. L’arrêt complet du système central de climatisation transforme les blocs opératoires et les salles de néonatologie en étuves, augmentant drastiquement les risques d’infections nosocomiales.
De plus, le mécontentement des usagers grandit face aux ruptures de consommables et aux défaillances de prise en charge, contrastant avec la réputation passée de la structure.
Le contrecoup d’une « nationalisation » de la gestion
Inauguré en grande pompe avec des standards internationaux, l’hôpital Jeanne Ebori avait initialement été confié au groupe espagnol Sphera Health Management Antares pour garantir une rigueur de gestion administrative et technique.
La décision de l’État gabonais de résilier ce contrat privé pour basculer vers un management 100 % national a marqué le début d’une crise de maintenance chronique. Faute de budgets dédiés et de suivi rigoureux, les équipements de haute technologie subissent de plein fouet le manque de pièces de rechange et l’absence de techniciens qualifiés.
Une urgence sanitaire pour Libreville
Face à la multiplication des plaintes des patients et au désarroi du personnel soignant, l’avenir de ce pôle mère-enfant unique en Afrique centrale est menacé. Si aucune dotation d’urgence n’est allouée pour réhabiliter le réseau technique, la structure risque de s’enfoncer définitivement dans le rang des hôpitaux publics sinistrés du pays.
Adeline Babongui



