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Kidal: le mirage de la protection russe s’effondre dans le sable de l’Azawad

Le retrait précipité d’Africa Corps de la citadelle de Kidal, le 25 avril dernier, sonne comme un glas pour la stratégie sécuritaire de la junte malienne. En abandonnant arsenal et positions pour négocier un simple corridor de survie, les mercenaires de Moscou ont révélé la fragilité d’un partenariat fondé sur l’illusion de l’invincibilité.

Longtemps présentée comme le symbole de la souveraineté retrouvée, Kidal est redevenue, en l’espace de quelques heures, le théâtre d’une humiliation militaire majeure. Mais au-delà de la défaite tactique, c’est la nature même du partenariat entre Bamako et Africa Corps (ex-Wagner) qui est aujourd’hui sur le banc des accusés.

L’argument de vente de Moscou était simple : là où la MINUSMA et Barkhane ont « échou», les paramilitaires russes réussiraient par la force brute. L’offensive du 25 avril a balayé cette promesse. En acceptant de négocier un corridor de sortie avec les rebelles du Front de libération de l’Azawad pour sauver leurs effectifs, les Russes ont fait le choix du pragmatisme mercantile, au détriment de l’honneur militaire et des engagements pris envers l’État malien.

Un arsenal abandonné, une menace décuplée

Plus grave encore que la fuite : l’abandon d’un arsenal de guerre colossal. Blindés, hélicoptères et munitions russes sont désormais entre les mains de groupes armés. Ce matériel, censé protéger les populations civiles, servira certainement demain à harceler les positions de l’armée malienne (Fama). Cette légèreté logistique pose une question fondamentale : Africa Corps est-il au Mali pour stabiliser le pays ou pour gérer ses propres intérêts au prix d’un chaos durable ?

Pour Bamako, le réveil est brutal. La mort du ministre Sadio Camara, artisan de ce rapprochement avec Moscou en 2021, laisse un vide politique immense. En misant tout sur un seul partenaire -un partenaire qui s’avère capable de déserter le champ de bataille dès que le rapport de force s’inverse- les autorités de transition ont placé le Mali dans une dépendance dangereuse.

Le ‘’modèle’’ Africa Corps montre ses limites structurelles : une force de projection capable de coups d’éclat, mais incapable de tenir un territoire face à une insurrection coordonnée. Le corridor de Kidal restera dans l’histoire comme le chemin de la désillusion. Pour les Maliens, le prix de cette confiance aveugle se compte désormais en territoires perdus et en une insécurité plus profonde que jamais.

Melchior Ndabeyene

 

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