Editorial

Mali : le choc de trop !

Le 25 avril 2026 restera comme le jour où l’impensable est arrivé : une attaque coordonnée frappant simultanément sept villes stratégiques, de Bamako à Kidal. Avec à la clé, la mort du « cerveau » militaire du pays, le général Sadio Camara, tué dans son propre fief à Kati. Si le sanctuaire du pouvoir n’est plus sûr, qu’en est-il du reste du pays ?

L’union inédite entre les djihadistes du groupe de soutien à l’islam  et aux musulmans (JNIM) lié à Al-Qaïda et les indépendantistes du Front de Libération de l’Azawad (FLA) a fait mouche. Cette alliance pernitieuse a attaqué le cœur du pouvoir malien. Cette saturation des capacités de réaction des forces armées maliennes prouve une planification méticuleuse. Il ne s’agit plus de harcèlement, mais d’une capacité réelle à rendre le territoire invivable.

L’effritement des alliances internationales ?

Et c’est à ce niveau qu’on peut s’interroger sur les alliances internationales, notamment celle qui existe entre le Mali et la Russie.  Oui, on doit Interroger l’efficacité de l’allié russe. Le désengagement d’Africa Corps  à Kidal le 27 avril pose une question brutale : quel est l’impact réel de ces partenaires si les centres vitaux tombent et que les civils continuent de mourir ?

C’est un fait. Il y a un réel  contraste entre les promesses de sécurisation totale et la réalité du terrain où les assaillants accèdent aux domiciles des chefs militaires.

Il est impossible de continuer avec la stratégie actuelle. Le pouvoir malien doit impérativement revoir de fond en comble sa copie, pour éviter un effondrement plus profond. Un régime, qu’il soit militaire ou civil, ne peut survivre s’il perd la maîtrise de ses symboles et de sa sécurité de proximité.

Jean-Yves Ntoutoume

 

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