Editorial

Balle à terre !

Face à l’attitude kamikaze adoptée par les partisans de l’ordre établi au sein du football gabonais, le gouvernement a dit « stop ». Pourtant, les « vuvuzéleurs » de la confiscation du football national avaient déjà mis les petits plats dans les grands, pour que le 18 avril prochain soit le énième coup de couteau asséné à cette discipline.

Oui, ce groupuscule est bien installé à la Maison Alexandre Sambat (siège de la Fegafoot). Entouré des « bénis-oui-oui » que le staff dirigeant a soigneusement choisis, tout semblait sous contrôle. Après avoir, grâce à des textes minutieusement taillés à la mesure de leur candidat, fait éliminer la concurrence, la route paraissait libre pour Pierre-Alain Mounguengui, devenu l’indéboulonnable et incontournable demi-dieu du football gabonais.

Pour cette caste, les plaintes et complaintes des amoureux du ballon rond national -face au déficit criant de résultats- n’ont aucun intérêt. Tant que leurs voyages de prestige avec les équipes nationales (toutes catégories confondues) leur sont offerts gracieusement, le football gabonais se porte bien à leurs yeux.

Mais voilà que les autorités politiques ont gâché leur « fête ». Suite au triste constat du ministère de tutelle révélant que la quasi-totalité des instances sportives fonctionnaient « sans papiers », le ton était donné : les pouvoirs publics tiennent absolument à assainir un milieu où les acteurs prétendent officiellement au bénévolat, tout en se faisant les poches en sourdine grâce aux subventions nationales et internationales.

Malgré cette première alerte, ces « sans-papiers » ont cru pouvoir persister dans le désordre. Malheureusement pour eux, ils ont été stoppés au dernier virage. À peine cinq jours avant l’échéance du 18 avril, le gouvernement a reporté le scrutin. Il a mis la balle à terre, puis au centre, pour nettoyer la maison.

Mais peut-on nettoyer une maison avec ceux qui l’ont salie ? Ne devrait-on pas instaurer une instance neutre pour tout refaire durant le délai que le gouvernement s’est accordé ? That’s the question.

Jean-Yves Ntoutoume

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