Politique

Gabon-France: une souveraineté assumée sans rupture diplomatique

Contrairement aux scénarios de rupture brutale observés dans plusieurs pays de la région du Sahel, le président gabonais a tenu à souligner la singularité de la situation de son pays. Par cette déclaration forte, il lève toute ambiguïté sur la nature de la reconfiguration militaire française à Libreville.

Au Gabon, le départ des troupes françaises du Camp de Gaulle n’est pas le résultat d’une expulsion. Lors d’une récente interview du chef de l’état gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, ce dernier a précisé explicitement que: «c’est la France elle-même qui a demandé à partir.»

En effet, Libreville se distingue par une transition militaire concertée. Lors de cet entretien sur France 24, le chef de l’État a levé le voile sur les coulisses de la restructuration historique de la présence militaire française au Gabon, insistant sur le fait que cette reconfiguration relève d’un choix stratégique de Paris et non d’une expulsion. «Nous ne les avons pas chassés comme ailleurs», a martenlé Oligui Nguema.

Le maintien d’un partenariat stratégique

Cette évolution de la présence militaire ne marque pas pour autant la fin des relations économiques et diplomatiques bilatérales. Bien au contraire. Le dialogue direct demeure particulièrement actif entre les deux pays, comme en témoignent l’agenda diplomatique et les échanges de haut niveau. Le 20 juillet prochain, le président gabonais sera en visite officielle à Paris. Un voyage qui s’inscrit à la suite de la venue du président français Emmanuel Macron à Libreville,  les 23 et 24 novembre 2025. De sources concordantes, les discussions à venir incluront la coopération économique, l’environnement et l’éducation.

Vers une coproduction de sécurité sans rupture

La mutation du célèbre Camp de Gaulle, situé au cœur de la capitale gabonaise, marque un tournant géopolitique majeur. La base militaire ne sert plus de plateforme de déploiement de combat ou de stationnement pour les blindés et les chars lourds français. Sur les lieux une école dédiée à l’administration militaire et une autre orientée vers la protection de l’environnement y ont vu le jour. Un pôle académique partagé entre instructeurs gabonais et français. Et très prochainement, le camp de Gaulle sera rebaptisé avec un nom gabonais.

Contrairement  donc aux positions observées dans certains pays du Sahel, Libreville et Paris revendiquent une entente cordiale. «Le climat est au beau fixe», s’est félicité le chef de l’État gabonais. Les deux pays mettent en avant un partenariat fondé sur un dialogue « d’égal à égal».

Adeline Babongui

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