Gabon-France : un accord historique autour du manganèse !

Le gouvernement du Gabon et le groupe minier français Eramet ont officiellement signé un protocole d’accord historique le 20 juillet 2026 à Paris, fixant une feuille de route industrielle commune pour transformer localement jusqu’à 700 000 tonnes de minerai de manganèse d’ici fin 2031.
Paraphé par le ministre des Mines Sosthène Nguema Nguema en présence du président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et de son homologue français Emmanuel Macron au Palais de l’Élysée, cet accord concrétise la nouvelle doctrine économique de Libreville. Il marque un tournant majeur après quelques tensions nées en mai 2025 lors de l’annonce par le Gabon de vouloir interdire l’exportation de manganèse brut à l’horizon 2029.
Les trois scénarios industriels planifiés
Le protocole d’accord validé à Paris s’appuie sur l’étude approfondie de trois projets industriels majeurs, répartis stratégiquement sur le territoire gabonais : une usine d’oxyde de manganèse à Libreville à l’horizon 2028, d’une capacité initiale de 10 000 tonnes d’oxyde par an, cette structure transformera environ 20 000 tonnes de minerai brut. Les produits seront destinés au marché stratégique des batteries pour véhicules électriques et des aciers haute performance.
La rénovation du Complexe Métallurgique de Moanda à l’horizon 2029. Unique site de transformation d’alliages actif en Afrique centrale, le complexe fera l’objet d’un plan complet de modernisation pour maximiser sa rentabilité. Sa capacité cible atteindra 70 000 tonnes d’alliages par an, soit la transformation de 150 000 tonnes de minerai.
Une nouvelle usine d’alliages en zone côtière à l’horizon 2031. Ce projet d’envergure prévoit de transformer environ 530 000 tonnes de minerai pour produire 265 000 tonnes d’alliages de manganèse par an. Sa réalisation reste conditionnée par une convention d’investissement dédiée et la sécurisation des infrastructures énergétiques nécessaires par l’État gabonais.
Retombées économiques et innovations durables
Au-delà de la valorisation minière brute, cet accord intègre des engagements en faveur du tissu économique national et de la transition écologique, à l’instar de la création du fonds d’amorçage «Fabriqué au Gabon» porté par Eramet et sa filiale Comilog. Ce dispositif ambitionne de générer à terme : 3 000 emplois durables dans le secteur industriel local, en diversifiant les activités hors secteur minier.
Enfin, le développement d’une filière de biocharbon. Le protocole inclut la valorisation des déchets de bois issus de la filière forestière pour alimenter la transformation métallurgique, un projet pilote ayant déjà débuté à Lastourville en collaboration avec la société Precious Woods.
Pour assurer le strict respect de ce calendrier, un comité de suivi tripartite associant le gouvernement gabonais, Eramet et la Comilog se réunira de manière trimestrielle. Autant dire que la transformation locale du manganèse, telle que souhaitée par les autorités gabonaises, a été actée à Paris, un certain 20 juillet 2026.
Blaise Mangady




