Economie

La Poste: fin du calvaire pour les épargnants!

Une promesse présidentielle tenue au pas de course

Le calvaire de près de dix ans des clients de la Caisse d’Épargne Postale prend enfin fin au Gabon. Le président, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement lancé l’opération de dédommagement en remettant symboliquement les premiers chèques aux victimes le vendredi 19 juin 2026. Cette intervention marque le déblocage immédiat d’une première enveloppe de 10 milliards de FCFA, sur une dette totale estimée à 32 milliards de FCFA.

L’annonce de cette libération de fonds s’est concrétisée en seulement quatre jours. Le 15 juin 2026, lors d’un discours historique devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’État s’était fermement engagé à régler la situation des spoliés. Le 19 juin, la promesse est devenue réalité lors d’une cérémonie officielle au bureau de poste de Libreville. Le président y a partagé un moment d’échange exclusif avec les bénéficiaires et a assisté en personne aux opérations de billetage menées par les comptables publics.

Un calvaire de dix ans né d’une faillite brutale

Pour comprendre la détresse des épargnants, il faut remonter à la liquidation chaotique de PosteBank entamée en 2017. Du jour au lendemain, des milliers de foyers gabonais ont vu leurs économies gelées.

Cette faillite brutale a plongé de nombreuses familles dans une précarité invivable : impossibilité de payer les frais de scolarité, les soins de santé ou les projets immobiliers et blocage complet de petites pensions de retraite, de salaires et d’économies de petits commerçants. Résultat: près d’une décennie de réunions, de plaintes juridiques et de manifestations restées sans réponse concrète.

La situation s’était gravement envenimée au fil des ans à cause de pratiques internes illégales et, surtout, d’un recensement initial erroné ou falsifié des bases de données des épargnants par les anciennes équipes de gestion.

Le calendrier et les modalités de remboursement

Sous l’impulsion du chef de l’état, chef du gouvernement, le ministère de l’Économie et la direction de La Poste SA ont mis en place un protocole strict pour distribuer les 10 milliards de FCFA de cette première phase. Afin de fluidifier le traitement de plus de 60 000 particuliers spoliés, deux méthodes de paiement ont été retenues : les petits épargnants de 500.000 FCFA et moins) retirent directement des bons de caisse ou des bons du trésor auprès des bureaux de poste centraux à travers le pays. Quant aux grands comptes, les avoirs de plus de 500 000 FCFA, le  remboursement s’effectue par voie dématérialisée, directement par virement bancaire sur des comptes préalablement enregistrés auprès du trésor public.

Modernisation technologique : L’application de vérification

Pour éviter la cohue historique observée lors des premiers jours dans les bureaux de poste, les autorités ont déployé une plateforme numérique. Cette application permet aux usagers de vérifier si leur nom figure sur la liste officielle de 2019 depuis leur smartphone ou leur ordinateur. En s’y connectant, l’épargnant valide son statut (« êtes-vous vivant ? ») et choisit son lieu de paiement géographique. Seules les personnes ayant égaré leur carnet d’épargne physique doivent obligatoirement se déplacer pour mettre à jour leurs données administratives.

Au-delà de l’urgence de la réparation sociale, l’État gabonais voit plus loin. Le président de la république a annoncé son intention de relancer officiellement le mythique livret d’épargne postale. Cette restructuration structurelle vise à rebâtir un outil postal moderne et hautement sécurisé pour garantir l’inclusion financière des populations les plus modestes.

Adeline Babongui

 

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