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Mali: une escalade inédite dans le ciel !

L'usage des armes à sous-munitions par la junte et Africa Corps plonge le Nord du Mali dans l'horreur.

Récemment, les Forces armées maliennes (FAMa) et leurs supplétifs russes d’Africa Corps ont franchi un seuil critique en larguant des bombes à fragmentation dans la région de Kidal. Cette escalade militaire, documentée par des enquêtes indépendantes, viole ouvertement les traités internationaux ratifiés par Bamako et expose les populations civiles à un danger mortel, immédiat et durable.

Les frappes aériennes menées à la mi-mai 2026 dans la zone d’Oubder (région de Kidal) ont marqué un tournant tragique dans la lutte que mènent Bamako et son allié Africa Corps contre les groupes djihadistes. Pour la première fois depuis le début du conflit en 2012, des bombes à sous-munitions ont été projetées sur le territoire. De sources concordantes, une enquête conjointe a formellement identifié les vestiges de ces armes : des conteneurs de fabrication soviétique de type RBK-500 et des éclats de sous-munitions ShOAB-0.5, conçus pour disperser des centaines de petits projectiles explosifs sur plusieurs hectares.

L’appui aérien d’Africa Corps — structure placée sous la tutelle directe du ministère russe de la Défense qui a succédé à Wagner — s’est matérialisé par l’utilisation de bombardiers tactiques Sukhoi Su-24M opérant depuis les bases maliennes.

Le déni de Bamako face au droit international

L’état-major malien a revendiqué des « frappes chirurgicales » visant à neutraliser des groupements terroristes. Cependant, la réalité du terrain contredit la rhétorique officielle. Les projectiles ont touché des cours intérieures d’habitations, des pâturages et des champs, faisant des morts et des blessés parmi les civils locaux.

Cette offensive place le Mali en contradiction flagrante avec ses propres engagements juridiques. Le pays est en effet signataire de la convention d’Oslo de 2010, un traité international qui interdit strictement la production, le stockage et l’usage de ces armes aveugles. Si la Russie n’a jamais signé ce texte, Bamako bafoue le droit international humanitaire en autorisant son partenaire à souiller son sol avec ces engins prohibés.

Les conséquences de ce choix militaire sont désastreuses pour l’avenir des communautés locales. Près de 30 % de ces petites bombes n’explosent pas à l’impact, se transformant en mines antipersonnel prêtes à détoner au moindre contact. Les enfants, attirés par la forme de ces sous-munitions, ainsi que les éleveurs nomades et leur bétail, constituent les premières victimes de ces pièges invisibles.

Terrifiées par la nature aveugle de ces bombardements, des vagues entières de civils fuient vers la frontière algérienne, aggravant la crise humanitaire locale. En s’enlisant dans cette stratégie de la terre brûlée, importée des théâtres syrien et ukrainien, la junte malienne et Africa Corps s’aliènent durablement les populations du Nord. Loin d’apporter la stabilité promise, ce partenariat à coups de millions de dollars plonge le Mali dans un engrenage de crimes de guerre qui compromet l’unité du pays.

Blaise Mangady

 

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