Politique

Fonction publique : 1 473 agents radiés, près de 11 milliards économisés

Le gouvernement gabonais a officialisé la radiation de 1 473 agents publics, d’après les conclusions de la Commission exceptionnelle des litiges adoptées en Conseil des ministres le 18 septembre 2026. Présentée en conférence de presse le 22 septembre 2026 par la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, cette purge administrative historique vise à assainir un fichier des effectifs gangrené par les fraudes. À la clé, l’État gabonais projette une économie budgétaire annuelle de près de 11 milliards de FCFA.

Le couperet est tombé pour les « agents fantômes » de l’administration gabonaise. La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a détaillé les conclusions d’une vaste opération de nettoyage biométrique et administratif. À l’arrivée, 1 473 radiations ont été prononcées, mettant en lumière des défaillances systémiques profondes et permettant de soulager les caisses de l’État de plusieurs milliards de francs CFA.

Un grand coup de balai budgétaire

Initié à la suite des travaux de la Task force sur le recensement des agents publics, ce toilettage institutionnel s’est focalisé sur les dossiers litigieux. Sur les 1 765 situations suspectes examinées entre le 8 juin et le 24 juillet 2026, la Commission exceptionnelle des litiges a validé la révocation définitive de 1 473 agents. Parmi eux figurent 1 162 agents de la solde permanente et 603 issus de la main-d’œuvre non permanente (MONP).

L’enjeu de cette rigueur retrouvée est avant tout économique. Ces départs injustifiés pesaient lourdement sur le Trésor public. L’impact financier direct de cette mesure va permettre au Gabon d’économiser près de 11 milliards de FCFA par an (11,319 milliards de FCFA de gain potentiel brut), des ressources qui pourront être réallouées vers des secteurs prioritaires ou l’ouverture de véritables postes budgétaires.

Abandons de poste et « absurdités » administratives

L’analyse approfondie des dossiers a révélé un véritable capharnaüm managérial. Le motif principal de radiation reste l’abandon de poste (699 cas avérés). Plusieurs agents émargeaient ainsi à la solde tout en résidant clandestinement à l’étranger, démasqués grâce au croisement des données de la Fonction publique avec les services de l’Immigration. Plus grave encore, le recensement a mis au jour des fonctionnaires n’ayant pas mis les pieds à leur bureau depuis parfois 15 ans, tout en bénéficiant d’avancements de carrière réguliers.

La ministre Laurence Ndong a également pointé du doigt des situations rocambolesques : 65 agents décédés mais toujours enregistrés comme actifs et rémunérés, 6 retraités qui continuaient de percevoir indûment leur traitement d’actif.

Des personnels affectés à des ministères dissous depuis des années, à l’instar de l’ancien ministère de la « Bonne Gouvernance ».

La prolifération d’actes administratifs antidatés et d’attestations de complaisance pour couvrir les absences.

Trois ministères concentrent à eux seuls la grande majorité des radiations prononcées: l’Éducation nationale est en tête avec 384 dossiers litigieux, dont 269 abandons de poste secs, la Santé : 222 situations examinées se soldant par 158 abandons de poste et 29 blâmes et l’Économie et les Finances : 111 radiations enregistrées.

Confidentialité et poursuites judiciaires

Face aux réclamations de l’opinion publique, la ministre a coupé court aux rumeurs concernant une éventuelle délation publique : la liste nominative des 1 473 agents radiés restera confidentielle, conformément au droit de réserve et à la protection des données.

Toutefois, le gouvernement n’entend pas s’arrêter là. Laurence Ndong s’est montrée particulièrement ferme à l’égard de la chaîne de complicité administrative : « Si une personne est reconnue responsable de ces irrégularités, elle sera sanctionnée par la loi ». Les Inspections générales de service vont être mises à contribution pour identifier les auteurs des faux documents et des validations frauduleuses.

Cette purge marque un tournant managérial décisif pour la restauration des Institutions, posant les bases d’une administration publique axée sur le mérite, l’équité et la transparence budgétaire.

Adeline Babongui

 

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