Gestion des 7 milliards de la Nyanga, le gouvernement demande des comptes aux entreprises

L’heure des comptes a sonné pour les chantiers de la Nyanga. Le 3 septembre 2026, la Vice-présidence du gouvernement gabonais, sous la direction de Hermann Immongault, a convoqué à Libreville les dirigeants de 21 entreprises adjudicataires de marchés publics dans la province de la Nyanga. Cette convocation obligatoire vise à faire la lumière sur l’état d’avancement des travaux et la gestion d’une enveloppe globale de 7 milliards de FCFA.
Dans le cadre de la politique de reddition des comptes menée par les autorités gabonaises, les entreprises attributaires des marchés publics dans la province de la Nyanga font face à leurs responsabilités. Le Cabinet du Vice-président du gouvernement a auditionné ce jeudi les patrons du BTP pour exiger des explications immédiates sur les retards de livraison.
Des chantiers à l’arrêt et 7 milliards en question
L’affaire remonte au budget exceptionnel de 7 milliards de FCFA alloué pour le développement des infrastructures nynoises lors des festivités de la fête nationale en août 2025. Un an plus tard, le constat sur le terrain suscite l’incompréhension et la colère des populations locales : de nombreux chantiers restent inachevés, voire à l’état de promesses non tenues.
Cette convocation fait suite aux déclarations de Jonathan Ignoumba, coordinateur politique de la province, qui avait publiquement révélé dans le journal L’Union l’absence de procédures formelles d’appel d’offres dans l’attribution de cette manne financière.
Les exigences fermes de la Vice-présidence
L’audition menée au Cabinet du Vice-président du gouvernement avait des objectifs précis: justifier l’utilisation des fonds, c’est-à-dire que les entreprises doivent fournir des pièces comptables détaillant l’usage de l’argent public mis à leur disposition; expliquer l’état d’avancement en présentant les rapports techniques justifiant les retards constatés sur le terrain, et fixer des ultimatums en mettant en demeure les opérateurs économiques, afin qu’ils livrent les infrastructures attendues par la collectivité.
Qui sont les opérateurs convoqués ?
La liste officielle comprend 21 entreprises du secteur des travaux publics et des services, parmi lesquelles figurent : Speednet, KM BTP, M&F Afrique Consult, Bakita & Frères, Direct7Vice, EGET, ESTTM & Company, Gunas Service, Gabi Service., Gabon Consult, GBT Infrastructure, Imar BTP, Medi Service Gabon, Mugobusti., SCK BTP, SDM, SMF, SBD (Société des bâtiments et des distributions), Socob et Aljana.
Quel signal pour le pouvoir ?
Cette convocation intervient dans un climat marqué par le durcissement du régime du président Brice Clotaire Oligui Nguema face au détournement de deniers publics et au non-respect des engagements contractuels.
Alors que d’autres provinces affichent une dynamique d’inauguration positive, la Nyanga fait office de point noir. Pour les autorités gabonaises, le message est limpide: aucun gaspillage de fonds publics ne sera toléré, et les chefs d’entreprises jugés fautifs s’exposent désormais à de lourdes sanctions judiciaires.
Lors de sorties publiques, le chef de l’Etat a lui-même qualifié l’octroi direct de ces 63 milliards de FCFA (7 milliards par province) de «ballon d’essai» afin de tester la capacité des élites locales et des autorités décentralisées à gérer des budgets de développement sans l’intervention directe du pouvoir central.
Blaise Mangady




