Inauguration de la Cité de la Démocratie : «le Gabon de la preuve» face à la diaspora

À l’occasion de l’inauguration de la Cité de la Démocratie, ce 3 mai, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, pose un acte politique fondateur : inviter trente figures majeures de la diaspora, activistes et cadres dirigeants compris, à venir constater de visu la transformation radicale du pays. Une opération de transparence sans précédent.
Le temps des promesses non tenues semble révolu. En ouvrant les portes de la Cité de la Démocratie — lieu de mémoire et théâtre de la refondation — à une trentaine de compatriotes installés à l’étranger, le Président de la Transition ne cherche pas à convaincre par les mots, mais par les faits. Entrepreneurs, financiers, leaders d’opinion et voix critiques ont ainsi été conviés, tous frais payés, pour une immersion totale au cœur du renouveau gabonais.
Ce geste marque une rupture nette avec les pratiques antérieures. Pour la première fois, un Chef d’État gabonais propose une confrontation directe entre son bilan et le regard exigeant de sa diaspora. L’objectif est clair : opposer le terrain au commentaire à distance et l’expérience directe au prisme souvent déformant des réseaux sociaux.
« Le Gabon n’a plus rien à cacher. Il a, au contraire, beaucoup à montrer », martèle la Présidence. Cette démarche de redevabilité vise à transformer la diaspora, autrefois tenue à l’écart, en une force mobilisée pour la reconstruction nationale.
Le réveil des « éléphants blancs »
Le parcours proposé aux invités de la diaspora est celui du « Gabon de la preuve ». Symbole de cette accélération : la Baie des Rois. Alors que le projet stagnait depuis 2015 avec un seul bâtiment, dix-huit mois sous l’impulsion du Président Oligui Nguema ont suffi pour en faire un quartier d’affaires futuriste. Avec ses 40 hectares aménagés, ses sept bâtiments en construction simultanée et sa future tour de 50 étages, le site prévoit la création de près de 20 000 emplois.
Non loin de là, la Cité Émeraude incarne l’État au travail. Ce complexe de quatorze bâtiments permettra de loger 450 agents publics dans des conditions modernes, mettant fin aux locations privées onéreuses et fluidifiant l’action interministérielle.
Désengorger le Grand Libreville : la révolution des infrastructures
Le volet routier constitue l’autre pilier de cette démonstration. La voie de contournement d’Okala, inaugurée en août 2024, a déjà mis fin au calvaire quotidien de 92 000 habitants d’Akanda. Le chantier se poursuit avec la grande voie de contournement Nord (12,5 km), un projet d’envergure qui redessine la mobilité urbaine entre Malibé, Nkok et Owendo pour les vingt prochaines années.
Cette dynamique ne s’arrête pas aux frontières de la capitale. Partout dans les provinces, les programmes d’électrification, de réhabilitation sanitaire et de modernisation portuaire témoignent d’un pays en chantier permanent.
Un signal fort aux investisseurs
Au-delà de la réconciliation nationale, ce geste présidentiel est un signal envoyé au monde. En montrant qu’il n’a pas peur de la critique et qu’il livre ses chantiers dans les délais, Brice Clotaire Oligui Nguema renforce l’attractivité du Gabon auprès des partenaires internationaux. Le Forum de Libreville pour l’Innovation et le Développement (FILID), qui s’ouvrira demain 3 mai dans cette même Cité de la Démocratie, sera l’occasion de concrétiser ces opportunités avec plus de 1 000 participants attendus.
Melchior Ndabeyene




