Coopération Bilatérale : le Gabon réintégré dans l’AGOA par les États-Unis

Par proclamation officielle signée le 19 mai 2026, le Président américain Donald Trump a restauré le Gabon parmi les pays bénéficiaires de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette décision historique met fin à seize mois d’exclusion et valide la trajectoire de réformes menée par les autorités de la transition.
C’est un tournant stratégique majeur pour la diplomatie et l’économie gabonaises. Le texte de la proclamation de la Maison-Blanche est sans équivoque : « Sur la base des actions entreprises par le Gouvernement du Gabon, j’ai déterminé que le Gabon remplit les conditions d’éligibilité prévues à la section 104 de l’AGOA et les critères d’éligibilité prévus à la section 502 du Trade Act ». Intégrée à la loi de finances consolidée américaine de 2026, cette décision annule la suspension prononcée en janvier 2024 par l’administration précédente. Elle prolonge également le programme AGOA pour le pays jusqu’au 31 décembre 2026.
Une validation technique des réformes
Loin d’être un simple geste de courtoisie diplomatique, cette réintégration constitue un quitus technique rigoureux. Pour lever les sanctions, Washington a évalué les progrès concrets du Gabon sur deux fronts légaux exigeants : les critères politiques (Section 104 de l’AGOA) ; le respect du calendrier de la transition, installation des nouvelles institutions et préservation de l’État de droit.
Sur les critères économiques, le Gabon est sur la bonne voie: promotion de l’économie de marché, de la lutte contre la corruption et le respect des droits des travailleurs. Ce double arbitrage valide la feuille de route imprimée par le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, depuis sa prise de fonction. Il confirme le retour du Gabon au sein du concert des nations respectant les standards internationaux les plus stricts.
Le retour du Gabon dans l’Agoa impacte immédiatement sur les entreprises. Car, contrairement aux procédures diplomatiques habituelles, cette décision est immédiatement opérationnelle. Washington a ordonné la modification instantanée de la note générale 16(a) du Tarif douanier harmonisé des États-Unis (HTSUS).
Pour les exportateurs gabonais, l’effet d’aubaine est immédiat : 6 800 produits exonérés. Près de 1 800 produits couverts par l’AGOA s’ajoutent aux 5 000 articles déjà exempts de taxes via le Système généralisé de préférences (SGP), zéro barrière douanière: les entreprises locales accèdent dès aujourd’hui au marché américain en totale franchise de droits de douane.
Un signal fort pour les investisseurs
Avant même cette réintégration, les échanges bilatéraux entre Libreville et Washington affichaient une santé de fer, atteignant 426,2 millions de dollars en 2024 (en hausse de 23,1 % sur un an). Le retour du statut préférentiel devrait agir comme un accélérateur de croissance, non seulement pour les secteurs traditionnels (bois, manganèse, hydrocarbures), mais aussi pour les filières émergentes à forte valeur ajoutée comme le textile, l’agro-industrie et la cosmétique.
Au-delà des flux de marchandises, c’est l’attractivité globale du pays qui sort renforcée. Ce signal politique fort envoyé par la première puissance économique mondiale corrobore les évaluations positives récentes de la Banque mondiale, du FMI et des agences de notation, positionnant le Gabon comme une destination de premier choix pour les capitaux étrangers en Afrique subsaharienne.
Adeline Babongui




