Gabon : 95 000 éléphants sur 270 000 km² , densité intolérable!

Car elle asphyxie l’agriculture et la souveraineté. Il est temps d’une véritable régulation. Au Gabon, le paradoxe est devenu tragique. Le pays abrite à lui seul près de 95 000 éléphants, soit les deux tiers de la population mondiale restante de cette espèce. Sur une superficie de seulement 270 000 km².
Ces chiffres proviennent d’un recensement scientifique basé sur l’ADN (analyse des crottes d’éléphants). Considérée comme l’une des méthodes les plus fiables, cette concentration est aberrante. Elle ne relève pas d’un équilibre naturel harmonieux, mais d’un effet de sanctuaire, selon les spécialistes.
Depuis quelques années, des troupeaux d’éléphants fuient les pays voisins où la protection est moins stricte et la chasse plus tolérée, pour trouver refuge dans les forêts gabonaises. Le Gabon paie ainsi le prix de sa rigueur exemplaire face aux accords des COP et de la CITES, tandis que d’autres les contournent.
Nos ancêtres ont toujours vécu de la chasse et de la pêche selon des codes ancestraux rigoureux qui préservent l’équilibre des espèces. L’éléphant n’était pas massacré pour son ivoire ; sa présence était tolérée tant qu’elle ne menaçait pas la survie des communautés. Ce sont les Occidentaux qui ont perverti cette relation. Et voici l’ironie cruelle, ces mêmes puissances imposent aujourd’hui une protection absolue que le Gabon respecte scrupuleusement, sans que les compensations ou solutions concrètes soient à la hauteur du fardeau imposé.
Aujourd’hui, les éléphants envahissent massivement les zones habitées. Ils piétinent les champs, dévorent les récoltes et rendent impossible toute intensification sérieuse de l’agriculture. Comment développer des plantations modernes, étendre les surfaces cultivées ou garantir la sécurité alimentaire nationale quand un troupeau peut anéantir, en une nuit, le travail de toute une saison ?
Les paysans renoncent, les investissements hésitent, et le Gabon reste condamné à une agriculture de subsistance fragile, privée de son potentiel de croissance rurale. Certains évoquent le rôle prétendu « d’architecte de la forêt » de l’éléphant, cet ingénieur des écosystèmes qui disperserait les graines et favoriserait le stockage de carbone. L’argument est séduisant, mais fragile : l’Amazonie, la plus vaste forêt tropicale de la planète, n’a jamais connu d’éléphants et n’en a nul besoin pour prospérer.
La forêt gabonaise peut parfaitement rester saine et riche en biodiversité avec une densité d’éléphants maîtrisée, comme nos aïeux l’ont démontré pendant des siècles. Sacraliser cet animal au point de sacrifier l’homme relève plus du dogme que de la science.
Les exemples insupportables abondent
À Gamba, près du parc Loango, les éléphants font littéralement la loi. Le Lot 1 à Mandji d’Olam Palm Gabon a dû fermer après des ravages répétés, jetant des centaines de Gabonais au chômage – témoignages d’employés et de riverains à l’appui. Lors des élections de 2023, à Makokou, des femmes excédées chantaient dans la rue : « Les éléphants vont voter ! » Un cri de révolte qui en dit long sur l’exaspération collective.
Face à cette urgence, des initiatives ont été lancées avec l’appui de CAFI : un projet de 10 millions de dollars pour la « coexistence pacifique », avec le déploiement de plus de 1 000 clôtures électriques mobiles en 2025 (dépassant même l’objectif initial). Ces mesures, bien que présentées comme des avancées, demeurent dramatiquement insuffisantes et tardives au regard de l’ampleur du fléau et de la surdensité que nous subissons seuls. Elles traitent les symptômes sans oser toucher à la racine du mal : une concentration éléphantesque intolérable sur le territoire.
Il n’est plus temps de demi-mesures. Il faut une véritable régulation : une extermination massive, organisée et sans concession des éléphants qui envahissent les zones habitées et les plantations. Qu’ils se replient au cœur de la forêt profonde ou qu’ils disparaissent là où ils menacent l’homme et son agriculture, l’essentiel est que le Gabonais retrouve le droit de cultiver sa terre en paix. La peine de dix ans de prison pour légitime défense doit être abolie. Les communautés locales doivent pouvoir chasser librement ces animaux qui ruinent leurs vies.
Protéger la biodiversité ne peut signifier sacrifier la souveraineté d’un peuple, son agriculture et son avenir sur l’autel d’une écologie venue d’ailleurs. Le Gabon doit reprendre la main et imposer une régulation à la hauteur du problème qu’il endure seul.
Assez d’être les otages d’une densité éléphantesque qui étouffe. Assez de cette dictature des pachydermes. Pour une vraie régulation et une agriculture enfin libre: maîtrisez les envahisseurs. Maintenant.
Fidaly Eyeng Obame



