
La scission historique de la SEEG est officiellement actée : le gouvernement crée «La Gabonaise des Eaux» et «Électricité du Gabon» pour moderniser les services publics. Réuni en Conseil des ministres sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, l’exécutif a adopté deux projets de loi qui mettent fin au monopole de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). Cette transition structurelle majeure s’étendra jusqu’au 31 décembre 2026, date jusqu’à laquelle la SEEG gérera les affaires courantes sans rupture d’approvisionnement pour les usagers.
C’est un tournant industriel et social sans précédent pour le Gabon. Fondée en 1950, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) s’apprête à disparaître sous sa forme unifiée d’ici le 1er janvier 2027. Le gouvernement gabonais a acté la création de deux sociétés d’économie mixte distinctes : «La Gabonaise des Eaux» et «Électricité du Gabon».
Cette réforme audacieuse vise à résoudre définitivement les problèmes chroniques de délestages et de pénuries d’eau qui impactent le quotidien des Gabonais. En transformant un modèle de gestion unique vieux de plusieurs décennies, l’État fait le choix de la spécialisation technique et financière.
Une spécialisation opérationnelle accrue
Gérer simultanément deux ressources aussi vitales et techniquement différentes que l’eau et l’électricité représentait un défi lourd pour une seule entité. Avec la réforme, chaque nouvelle entreprise aura pour unique priorité son domaine de compétence. Les équipes techniques ne disperseront plus leurs efforts sur deux fronts industriels totalement distincts.
Ici, cette séparation facilite l’intégration de partenaires de renommée mondiale. À ce titre, La Gabonaise des Eaux bénéficiera de l’accompagnement technique du groupe français Suez expert en eau potable.
Une transparence financière et budgétaire
Le modèle comptable unifié de l’ancienne SEEG masquait régulièrement des déséquilibres profonds, l’un des secteurs subventionnant souvent les pertes de l’autre. La scission va permettre d’isoler strictement les revenus et les investissements de chaque secteur. Les bailleurs de fonds internationaux pourront financer des projets d’infrastructure précis (barrages hydroélectriques ou usines de traitement d’eau) avec une visibilité parfaite sur la rentabilité. Et les usagers ne risqueront plus de voir un service impacté par des litiges ou des dysfonctionnements liés à l’autre ressource.
Modernisation des infrastructures et couverture nationale
L’ambition affichée par les autorités de la transition est d’accélérer l’accès universel aux services de base. Des directions autonomes prendront des décisions d’urgence beaucoup plus rapidement pour réparer les réseaux vétustes. La restructuration va donner un coup de pouce au développement des infrastructures à Libreville ainsi que dans l’arrière-pays. Enfin, le renouvellement des canalisations d’eau et la modernisation du réseau électrique national seront menés de front par deux budgets indépendants.
Une transition planifiée et sécurisée
Le communiqué officiel du gouvernement se veut rassurant : la scission se fera dans la continuité. La période transitoire en cours sert à auditer et clarifier minutieusement les actifs, les passifs ainsi que les contrats de travail du personnel. Les autorités garantissent qu’aucune rupture de service public ne perturbera le quotidien des ménages d’ici la mise en place officielle des deux nouveaux opérateurs au premier matin de 2027.
En s’alignant sur les standards internationaux où l’eau et l’énergie sont pilotées séparément, le Gabon pose les fondations d’une gouvernance moderne, efficace et enfin tournée vers la satisfaction de ses citoyens.
Melchior Ndabeyene




