Economie

Ivindo Economic Forum : l’Ogooué-Ivindo se mobilise pour transformer ses ressources en valeur locale

La ville de Makokou a vibré au rythme de la première édition de l’Ivindo Economic Forum, qui s’est tenue ce mercredi 26 août 2026. Réunissant décideurs publics, opérateurs économiques et investisseurs, cette rencontre stratégique s’est donné pour objectif de franchir un cap historique : faire passer l’Ogooué-Ivindo d’une province riche en ressources naturelles à une région véritablement créatrice de valeur locale.

Longtemps perçue comme une province enclavée et en retrait des grands flux industriels, l’Ogooué-Ivindo entend bien inverser la tendance. Profitant de la dynamique impulsée à l’aune de la Libération du pays, les autorités locales et les panélistes ont exposé la diversité des atouts de la région : un couvert forestier massif, un potentiel agricole encore sous-exploité, une biodiversité unique, levier potentiel de l’écotourisme, et des gisements miniers de classe mondiale.

« Investissez en nous. Faisons de cette rencontre la première pierre d’un nouveau départ pour notre province », a plaidé Aziz Odjire, exhortant l’assistance à concrétiser ces opportunités en projets réels.

Le méga-projet de fer de Belinga au cœur des ambitions

Sans surprise, le projet minier de fer de Belinga, piloté par la coentreprise Fortescue Bélinga, s’est imposé comme le pivot central des discussions économiques. Intervenant durant les travaux, le Président-directeur général de l’entreprise, Edward Kalajzic, a présenté une feuille de route axée sur un déploiement progressif et à long terme.

Le groupe, soutenu par la solidité financière mondiale de sa maison mère, a étendu en 2026 ses travaux de forage et d’exploration vers de nouvelles zones telles que Batouala et Boka Boka afin de mieux évaluer l’étendue du gisement.

Emploi et formation : Le défi de l’impact social direct

Au-delà des perspectives industrielles, les retombées sociales à l’échelle locale ont fait l’objet d’une attention rigoureuse. Fortescue Bélinga a mis en avant des indicateurs encourageants pour la main-d’œuvre locale : 1 246 emplois directs sont actuellement soutenus par le projet, 82 % de ces effectifs sont des nationaux gabonais, 57 % des employés proviennent directement de la province de l’Ogooué-Ivindo.

Pour pérenniser cette dynamique, l’accent a été mis sur le programme de transfert de compétences « We Train for Gabon ». L’ambition affichée est de développer une expertise technique nationale capable d’accompagner le projet minier tout au long de ses futures phases d’exploitation.

Les défis du jour d’après : des infrastructures à bâtir

Si l’optimisme était palpable à Makokou, les participants ont unanimement rappelé les défis structurels qui restent à relever. L’Ogooué-Ivindo souffre encore d’un déficit important en infrastructures de transport, d’énergie et de connectivité.

La réussite de l’Ivindo Economic Forum ne se mesurera pas au volume des promesses formulées, mais bien à la capacité de la province à attirer durablement des capitaux privés et à densifier le tissu de PME locales autour des grands donneurs d’ordres. Le chantier de la diversification économique est officiellement ouvert.

Melchior Ndabeyene

 

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