Editorial

En marche vers une diplomatie économique!

Depuis son élection marquant la fin de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema multiplie les offensives de charme à l’étranger. Il fait désormais de la diplomatie économique son cheval de bataille, afin de repositionner le Gabon sur l’échiquier financier international et s’affranchir de la dépendance historique aux hydrocarbures. Sa présence remarquée à l’Africa CEO Forum de Kigali illustre sa volonté d’insérer le Gabon au cœur du capitalisme africain en pleine recomposition. Armé du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD 2026-2030), le président courtise activement les investisseurs. Il ne s’agit plus seulement de rassurer les partenaires traditionnels comme la France, mais de diversifier les alliances vers des horizons stratégiques majeurs, des Émirats arabes unis jusqu’aux milieux d’affaires américains.

Cette doctrine repose sur un réalisme économique inflexible. Le Gabon privilégie désormais le patriotisme économique et la captation de valeur locale, à l’image du rachat historique des actifs d’Assala Energy. Qu’il s’agisse de négocier le déploiement de la 5G avec des groupes d’Abu Dhabi ou de promouvoir le secteur minier, le mot d’ordre présidentiel reste le même : transformer localement les ressources pour générer de l’emploi. Au niveau régional, cette quête de souveraineté s’accompagne d’un plaidoyer rigoureux pour la discipline budgétaire au sein de la CEMAC consolidant le rôle de Libreville comme pilier monétaire stable.

Cependant, la diplomatie des affaires ne peut se contenter d’annonces de sommets. Le Gabon fait face à des vents contraires, marqués par un ralentissement de la croissance lié à la maturation de ses gisements de pétrole. Pour que la plateforme  ‘’Invest in Gabon’’ ne devienne pas une énième campagne de communication, les promesses de partenariats dans la santé, l’agriculture et le numérique doivent urgemment se matérialiser dans le quotidien des populations.

Le président a tracé le cap à l’international. Il lui reste maintenant à transformer ces flux de capitaux négociés à l’étranger en chantiers concrets pour moderniser les infrastructures nationales et endiguer le chômage des jeunes.

Jean-Yves Ntoutoume

 

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