Le Transgabonais sous l’aile de l’AFD : un soutien stratégique vers l’émergence industrielle

L’Agence Française de Développement (AFD) s’impose comme le pivot financier de la modernisation du Transgabonais, l’unique artère ferroviaire du Gabon. Face aux défis de la diversification économique, la sécurisation de cette voie de 648 kilomètres reliant Libreville à Franceville constitue un impératif de souveraineté et de compétitivité nationale.
À travers des investissements massifs, l’Agence Française de Développement insuffle une dynamique de transformation à un réseau ferroviaire longtemps fragilisé par les contraintes climatiques et géologiques. Le soutien de l’AFD se matérialise par le déploiement du programme de modernisation et de sécurisation (PMS). Ce plan d’envergure fait suite au programme de remise à niveau (PRN) initié dès 2016.
L’État gabonais a contracté un prêt souverain de 173 millions d’euros auprès de l’AFD, adossé à un don de 30 millions d’euros de l’Union européenne, pour une enveloppe globale de 203 millions d’euros. Les filiales du groupe, notamment Proparco s’associent à la Société financière internationale (SFI) pour mobiliser 225 millions d’euros supplémentaires au profit de la société d’exploitation du Transgabonais (SETRAG). Objectif : restaurer la capacité nominale de la ligne pour atteindre 16 paires de trains par jour (soit 8 trains dans chaque sens).
La réhabilitation technique face aux défis géologiques
La traversée de la forêt équatoriale impose des contraintes extrêmes à l’infrastructure, marquée par des instabilités de terrain et de fréquentes ruptures de rails. L’appui de l’AFD cible directement la robustesse structurelle du réseau : substitution des traverses en bois par du béton et pose de rails plus lourds pour endurer le fret lourd ; stabilisation active des plateformes ferroviaires et réhabilitation des ouvrages d’art les plus critiques, et mise à niveau globale des systèmes de gestion du trafic ferroviaire et rénovation des gares voyageurs pour les 300 000 usagers annuels.
Le train comme catalyseur de la diversification économique
Au-delà de la prouesse technique, le Transgabonais représente le poumon économique du pays. Le manganèse extrait à Moanda représente environ 6 % du PIB gabonais et transite intégralement par cette voie vers le port d’Owendo. En fiabilisant la ligne, le partenariat entre l’AFD au Gabon et les autorités gabonaises fluidifie l’exportation des ressources minières et forestières tout en stimulant le tissu industriel de l’hinterland. Ce projet d’infrastructure s’inscrit ainsi durablement dans la trajectoire de décarbonation et de développement territorial du Gabon.
Adeline Babongui




