Mairie de Libreville : le spectre de la « Young Team » hante l’hôtel de Ville

Alors que l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) n’a pas encore soufflé sa première bougie, une tempête politique secoue la mairie de Libreville. Entre rejet de budget et manœuvres de coulisses, le maire Pierre Mathieu Obame Etoughe semble être la cible d’une cabale orchestrée par des transfuges de l’ancien régime, nostalgiques des méthodes de l’ère déchue.
Un air de « déjà-vu »
Le scénario qui se joue actuellement à l’Hôtel de Ville de Libreville rappelle les heures les plus sombres de la gestion municipale pré-30 août 2023. À l’époque, le diktat de la « Young Team » imposait des maires éphémères — trois en cinq ans — transformant l’institution en un théâtre de marionnettes. Aujourd’hui, les mêmes méthodes semblent refaire surface. Des intrigues de l’ombre, menées par certains anciens cadres du PDG reconvertis, visent à déstabiliser l’édile actuel pour placer un « homme lige » au sommet de la commune.
L’UDB face à ses contradictions
Désigné par l’UDB pour diriger la plus importante mairie du pays, Pierre Mathieu Obame Etoughe fait face à une fronde issue de ses propres rangs. L’infiltration massive de transfuges de l’ancien parti au pouvoir au sein de l’UDB a importé des pratiques que l’on croyait révolues. Le vote massif contre le budget, le 9 avril dernier, n’est que la face émergée de l’iceberg.
Pour justifier cet acharnement, les détracteurs pointent du doigt un budget qu’ils jugent inadapté. Pourtant, aucune alternative crédible n’est proposée. On feint d’oublier qu’une municipalité ne décide pas de ses finances en vase clos, sans l’aval de sa tutelle.
Des révisions qui dérangent
Le prétexte de la « faible digitalisation » peine également à convaincre. En réalité, les premiers pas de cette modernisation portent déjà leurs fruits : plus de 300 agents fantômes ont été démasqués. Un assainissement qui, manifestement, ne fait pas les affaires de tout le monde.
Le véritable mobile est ailleurs. Il s’agit d’une lutte de castes. Pour une certaine élite politique, l’idée qu’un maire n’appartenant pas au « noyau habituel » puisse gérer les ressources de la capitale est insupportable. Comme le disait cyniquement un ancien édile : à la mairie de Libreville, il y a « à boire et à manger ». C’est ce banquet que certains tentent de restaurer en faisant circuler des pétitions de destitution sous le manteau.
Un test de crédibilité pour le pouvoir
Cet épisode est un signal d’alarme pour l’UDB. En étalant ses querelles intestines sur la place publique à moins d’un an de son existence, le jeune parti montre des signes de fragilité inquiétants. Il appartient désormais au président fondateur de siffler la fin de la récréation. Laisser ces velléités égoïstes prospérer, c’est prendre le risque de trahir l’esprit de la transition et de ramener Libreville vers les errances du passé.
Jean-Yves Ntoutoume




