Société

Insécurité: Quid des missions de la Police “Bangando” des PK de Libreville ?

Face à l’insécurité persistante à Libreville, des groupes de jeunes se sont organisés dans certains quartiers pour créer des brigades d’autodéfense populaire. Une réponse locale au banditisme saluée par les populations.

Ces brigades d’autodéfense populaire communément appelées Police “Bangando” au Gabon, sont aujourd’hui visibles dans certains quartiers de Libreville, à partir d’une certaine heure du jour, notamment dans les PK (du PK6 au PK11 et derrière l’hôpital de Melen), pour traquer les bandits, les arrêter et les mettre à la disposition de la justice ou de la police régulière. Depuis la mise en place de la police ‘’Bangando’’, les braquages et vols habituels ont progressivement baissé dans notre zone d’habitation” s’est réjouie récemment une habitante du pk8 devant notre reporter.

Ces jeunes ‘bénévoles’’ pour la plupart des sans emplois et repris de justice, opèrent tous les jours de 18h à 7h du matin, indique la même source. “Ils interpellent souvent des voleurs ici et les remettent au poste de police des PK. Ils pénètrent dans les coins et recoins de notre quartier à partir d’une certaine heure pour nous sécuriser. Et à partir de 4 heures du matin, ils escortent ceux qui vont au travail très tôt jusqu’au point d’embarquement des taxis” a précisé la même source.

Des brigades d’auto-défense qui nécessitent un entretien particulier pour survivre. “Pour leur survie, la police Bangando prélève 5000FCFA par opérateur économique détenant un commerce, et 1000FCFA par ménage. Parce que l’État ne les prend pas en charge. La Mairie de Libreville les combattait au début, mais après enquête de terrain, elle a dû se rendre compte du rôle que jouent ces jeunes pour soutenir nos forces de l’ordre dans la lutte contre l’insécurité dans les bas quartiers” a -t-elle rappelé. Ne dit-on pas que la sécurité des personnes et des biens n’a pas de prix?

Selon une enquête officielle menée dans le Grand Libreville, il  y a quelques années, plus de 56% de Librevillois se sentaient dans l’insécurité dans leurs quartiers respectifs. Une donne qui semble s’ inverser progressivement  aujourd’hui sur le terrain avec la montée des brigades d’autodéfense populaire. De brigades d’auto-défense qui constituent partiellement une réponse locale au grand banditisme méritent un encadrement rigoureux des pouvoirs publics pour ne pas se transformer en milice armée à l’avenir.

Au Niger, les groupes d’autodéfense sont interdits pour être à l’abri d’éventuels dérapages. Alors qu’au Burkina Faso voisin, ils sont intégrés par l’État comme des volontaires pour la défense de la patrie. Au regard de ce qui précède, il revient aux autorités Gabonaises d’analyser en profondeur le cas gabonais et de statuer officiellement sur la survie ou non des brigades d’autodéfense dans les quartiers populaires de Libreville.

Rufin Martial Oke Nze

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