Politique

Partis politiques au Gabon: 27 juin, date fatidique!

Les responsables des 104 partis politiques que compte le Gabon doivent montrer pattes blanches à cette date fixée par le gouvernement, pour se conformer aux nouvelles dispositions relatives à l’existence des partis politiques. Faute de quoi, les entités politiques qui ne respecterons pas cette règle seront dissoutes.

Promulguée le 27 juin 2025, la nouvelle loi sur la création des partis politique au Gabon est en vigueur. Seulement, un délai d’un an a été donné aux responsables des formations politiques pour se conformer aux nouvelles dispositions. Le 21 janvier dernier, le gouvernement, à travers les ministères de l’intérieur et de la réforme l’ont rappelés aux concernés.

Dans cette nouvelle loi, l’existence d’un parti politique tient par sa capacité à enregistrer 10.000 adhérents minimum. Pas que! Ces derniers doivent être justifiés par 10.000 Numéros d’Identification Personnel (NIP). Ces adhérents doivent être répartis entre les neuf les provinces du Gabon. Il faut aussi que le parti prouve qu’il a un siège, un compte bancaire (sous l’œil de la cour des comptes) et les statuts. Il faut surtout se présenter aux élections politiques. Car, en s’abstenant  de présenter les candidats aux élections deux fois successivement, le parti est exposé à la dissolution.

Ici, la loi n°016/2025 relative aux partis politiques en république gabonaise, est claire. Cette disposition veut remettre de l’ordre dans un environnement fourre-tout où la norme n’existait plus. C’est ainsi qu’au Gabon, on peut compter un parti politique dont le seul et réel adhérent officiel est  le chef du parti. Et c’est lui, et lui seul, qui répond toujours présent lors des rencontres politiques nationales souvent incitées par quelques responsables politiques. Parce que au Gabon, les grandes rencontres politiques ont toujours et uniquement profité  aux présidents de partis. Et les postes négociés lors desdites assises politiques profitent à ces mêmes responsables ou aux membres de leurs familles.

La politique au Gabon était devenue un foutoir où les partis politiques pouvaient se créer avec de fausses données. Cette situation date de la conférence nationale de 1990, où 75 associations à caractère politique ont été brutalement créées. Sur le coup, chaque association avait eu droit à une enveloppe de 20 millions de nos francs. C’était une sorte de ruée vers l’or. Du coup, la politique s’est révélée au Gabon comme un moyen de se faire facilement de gros sous. Un raccourci pour s’enrichir. D’ailleurs, plusieurs gabonais ont choisi d’envahir ce ‘’secteur’’ financièrement reluisant, où un aucun effort, en termes de formation n’était exigé.

Maintenant que la nouvelle loi va véritablement être appliquée, il est évident que ceux qui se nourrissaient de leurs partis politiques, ruent dans les brancards, en criant à la dictature. Mais doit-on seulement s’exprimer librement qu’à travers un parti politique? La réalité est non. Puisque chaque citoyen peut individuellement exprimer ses opinions, sans forcément avoir une formation politique.

Il était vraiment temps d’assainir un milieu qui, depuis 1990, a fait gaspiller l’argent du contribuable. Avec l’achat des consciences et des dialogues et autres tours de table où seuls les seuls bénéficiaires étaient les responsables des partis. Pendant ce temps,  on a ignoré d’investir dans l’éducation, la santé, l’emploi des jeunes et les infrastructures routières.

Melchior Ndabeyene

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