Quand Ondo Ossa réinvente le 30 août 2023 !

Dans un semblant d’interview menée par un activiste gabonais basé en Europe, l’ancien candidat porté par ‘’Alternance 2023’’, réécrit le scénario du coup de libération du 30 août 2023 perpétré par les forces de défense et de sécurité.
Narcissisme en bandoulière, celui qui était le candidat soutenu matériellement, financièrement et moralement par la plateforme ‘’Alternance 2023’’, constituée par les ex candidats à la présidentielle du 26 août 2023 décrit un scénario dans lequel il est victime d’un hold-up électoral, tel que vécus par les leaders charismatiques de l’époque Paul Mba Abessole en décembre 1993, Pierre Maboundou en 2005, André Mba Obame en 2009 ou encore de Jean Ping en 2016. En effet, lors de ces différentes élections présidentielles, le pouvoir Bongo-PDG publiait les résultats tronqués en faveur des candidats Bongo pour perpétuer le clan aux commandes du pays.
Ce schéma, qui a toujours bien fonctionné, même au prix du sang des gabonais qui subissaient les répressions post électorales systématiques, a voulu être encore tenté au petit matin du 30 août 2023. Malheureusement, pour le clan, il été vite enrayé par le général Oligui Nguema et ses frères d’armes, qui connaissaient parfaitement que les décisions prises au sommet de l’état après l’accident vasculaire cérébral d’Ali Bongo, le 24 octobre 2018 à Ryhad en Arabie Saoudite, n’émanaient pas du président de la république. D’où le coup de force du 30 août 2023.
Lorsque dans son interview-comédie, Albert Ondo Ossa affirme que quand les populations sont sorties en masse dans les rues de Libreville pour manifester leur joie après le coup des militaires, ces dernières pensaient que les militaires soutenaient ‘’sa’’ victoire, il a omis de dire que lors de leur premier discours à la nation pour justifier leur prise de pouvoir, les mêmes militaires encarté dans le CTRI ont déclaré la dissolution de toutes les institutions pour annoncer une transition qui sera diriger par le comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Question : Ondo Ossa était-il allé à l’élection présidentielle de 2023 pour diriger une transition politique?
Désigné par la plateforme ‘’Alternance 2023’’ dont il ne fait plus allusion aujourd’hui, à une semaine de la tenue de la présidentielle comme le candidat consensuel de ladite plateforme, Ondo Ossa et son équipe n’avaient pas assez de moyens (financiers, logistiques et humains) et temps pour placer les représentants dans tous les bureaux de vote à travers le pays, au point d’affirmer qu’il détenait, au soir du 27 août 2023, tous les résultats du scrutin. On le sait, ce 27 août-là, un document non authentifié, bourré de coquilles circulait dans les réseaux sociaux et donnait le candidat consensuel vainqueur de l’élection.
Certes, après le coup de libération, Ondo Ossa s’est vite désolidarisé de ses principaux soutiens de la plateforme ‘’Alternance 2023’’ qui ont vite compris qu’il valait mieux soutenir et accompagner le CTRI que de supporter encore longtemps le PDG au pouvoir. En dénonçant une ‘’révolution de palais’’, Ondo Ossa a cru bon d’envoyer deux émissaires en Guinée Equatoriale espérant un soutien de ce pays voisin pour qu’il prenne le pouvoir. Là encore, le professeur a botté en touche, en démentant qu’il n’était pas impliqué dans cette affaire, quand bien même ses deux émissaires, après leur libération, ont confirmé qu’ils avaient été bel et bien envoyés par l’ancien candidat de la plateforme ‘’Alternance 2023’’.
Quelques jours après, lors d’un déplacement à Oyem du nouvel homme fort du Gabon, on a vu Albert Ondo Ossa sur un engin avec le président de la transition Oligui Nguema, lancer les travaux de construction des infrastructures. Une séquence décrite par A2O, dans son interview-comédie, comme une invite à une discussion (avortée) entre lui et le président de la transition.
A la différence de Jean Ping et d’André Mba Obame qui n’ont jamais pactisé avec celui qui a usurpé leur vote, Albert Ondo Ossa est le seul qui a reçu à son domicile celui qu’il prétend avoir pris son pouvoir. Mieux, il a reçu de celui qu’il décrit aujourd’hui comme son ‘’bourreau’’ des grosses cylindrées et a même effectué un déplacement public avec lui dans le Woleu-Ntem.
Dans cette attitude loufoque quelle crédibilité peut-on accorder à une telle personnalité?
Nelson Tchimbakala




