Medouneu: la vie à l’épreuve de l’enclavement et de la précarité
La situation sociale dans le département du Haut-Como reste critique malgré quelques avancées récentes. Ce reportage met en lumière les défis majeurs auxquels font face les populations de Medouneu à l’approche de la prochaine saison des pluies, entre enclavement routier, infrastructures dégradées et dépendance frontalière.
L’axe routier menant à Medouneu, dans le département du Haut-Como se trouve dans un état de dégradation très avancé à plusieurs endroits. Sur le terrain, les entreprises appelées à entretenir ce chemin de terre se heurtent à un relief particulièrement difficile.
L’arrivée imminente de la saison des pluies fait craindre un isolement total de la localité. Une telle situation paralyserait le transport des biens et des personnes, aggravant de fait la cherté de la vie déjà étouffante pour les ménages.
Urgence dans le secteur éducatif

Le système éducatif local souffre d’un abandon structurel visible. Certaines écoles publiques sont totalement délaissées et désormais envahies par les hautes herbes, à l’instar de l’école publique située au village Edoum, à une vingtaine kilomètres du centre de Medouneu.
Les établissements encore opérationnels n’ont bénéficié d’aucune rénovation ni « cure de jouvence » depuis de nombreuses années. À cela s’ajoute la précarité des corps administratifs et enseignants : les responsables d’académie locaux et les directeurs d’écoles sont confrontés à de graves problèmes de logement, ce qui nuit gravement à leurs conditions de travail et de vie.
Le défi de l’énergie et la dépendance transfrontalière
La commune de Medouneu est plongée dans le noir dès la tombée de la nuit. Pas d’éclairage public. Seul le grand lampadaire du rond-point central de la ville fonctionne, tandis que les réseaux de petits lampadaires secondaires sont entièrement hors service. Les villages environnants dépendent de groupes électrogènes coûteux et polluants. Face à cette pénombre, les habitants attendent avec impatience la concrétisation du projet d’interconnexion électrique avec la Guinée équatoriale pour stabiliser l’accès à l’énergie.
Ce manque d’infrastructures pousse également les populations vers l’extérieur pour les besoins du quotidien. En raison de l’absence de structures de distribution à l’intérieur du département, les habitants parcourent régulièrement les 4 kilomètres qui les séparent de la Guinée équatoriale voisine pour s’approvisionner en produits de première nécessité.
Emploi: le désarroi d’une jeunesse abandonnée
Les notables de la contrée tirent la sonnette d’alarme sur l’avenir de la jeunesse. Faute d’unités de production locales capables d’absorber la main-d’œuvre, les jeunes se retrouvent sans perspectives d’emploi et exposés à l’exode rural.
Pour inverser la tendance, les populations réclament non seulement une route praticable en toutes saisons pour désenclaver la zone, mais aussi un appui financier et technique des autorités du pays, afin de soutenir la création d’activités génératrices de revenus (AGR).
Les lueurs d’espoir de la Transition
Tout n’est cependant pas sombre à Medouneu. Sous l’impulsion du président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, la ville a enregistré deux réalisations majeures qui changent le quotidien: l’implantation d’une station-service moderne, mettant fin à une pénurie historique de carburant. Et l’ouverture d’un centre commercial ultra-moderne, proposant des produits (sauf produits carnés) à des prix réglementés et raisonnables pour soulager le panier de la ménagère.
Ces avancées concrètes prouvent que le développement est possible, mais le chemin reste long pour que le Haut-Como, dont les villages manquent d’eau potable, sorte définitivement de la précarité.
Melchior Ndabeyene




