
Le Gabon signe un retour historique et spectaculaire sur les marchés financiers internationaux en bouclant avec succès une émission d’Eurobonds de 920 millions de dollars américains (environ 533 milliards de FCFA). Menée sous l’impulsion du Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema et orchestrée par le ministre de l’Économie et des Finances Thierry Minko, cette opération majeure consacre le regain de confiance net des investisseurs institutionnels envers la signature souveraine gabonaise.
Initialement venu sur le marché international pour mobiliser 750 millions de dollars, le Gabon a fait face à un véritable engouement. Le carnet d’ordres a largement dépassé le milliard de dollars, poussant les autorités à retenir 920 millions de dollars, soit une sursouscription de 22,6 %.
Les caractéristiques techniques de l’emprunt reflètent cette nette amélioration des conditions financières par rapport aux années précédentes: le coupon à 9,375 % (en recul par rapport au taux de 9,5 % de février 2025) ; la maturité de 7 ans (échéance finale fixée à 2033) et un différé d’amortissement de 3 ans de grâce accordés au Trésor gabonais.
Pour cette levée de fonds d’envergure, Libreville s’est entourée de partenaires de premier plan. L’opération a été arrangée par Citigroup et la banque d’affaires Cygnum Capital, appuyées par les conseils juridiques et financiers des cabinets White & Case, AFG Capital Mauritius et Clifford Chance.
Les réformes structurelles au cœur de la crédibilité retrouvée
Ce succès financier ne relève pas du hasard. Il couronne une série d’efforts budgétaires rigoureux et pragmatiques. En mars 2026, Libreville avait déjà envoyé un signal fort en payant à date plus de 17 milliards de FCFA d’intérêts sur ses emprunts obligataires régionaux.
De plus, cette dynamique s’inscrit en parfaite cohérence avec le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030. Les réformes menées, notamment sur la transparence budgétaire et le rapatriement des fonds des secteurs minier et pétrolier, ont pesé positivement dans la balance. Malgré une note souveraine prudente maintenue par les agences de notation comme Moody’s (Caa2), le marché a choisi de saluer la trajectoire de réformes et les discussions techniques très avancées avec le Fonds monétaires international (FMI). Une mission de revue est d’ailleurs attendue à Libreville en septembre 2026 pour sceller un programme macroéconomique global.
Quel impact pour l’économie gabonaise ?
Conformément à la Loi de finances rectificative (LFR) promulguée le 17 juillet 2026, l’enveloppe globale de financement extérieur autorisée s’élève à 1,5 milliard de dollars. Cette première levée de 920 millions de dollars offre ainsi un bol d’air frais tout en laissant une marge de manœuvre théorique pour le reste de l’année.
Le gouvernement a précisé que les fonds levés auront une double utilité stratégique : le financement des infrastructures clés. Priorité est donnée aux projets d’investissements publics prioritaires prévus par l’État, notamment dans les secteurs de l’eau et de l’énergie.
Une partie de l’enveloppe servira aussi au règlement des arriérés commerciaux extérieurs et multilatéraux, renforçant encore un peu plus le statut de débiteur fiable du pays.
Enfin, au-delà des frontières nationales, l’intégralité des 920 millions de dollars sera rapatriée en zone CEMAC. Cette injection massive viendra directement consolider les réserves de change de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), stabilisant l’économie régionale.
En démontrant sa capacité à séduire à nouveau la haute finance internationale, le Gabon prouve que sa signature a retrouvé tout son prestige.
Adeline Babongui




