Sport

Affaire Aubameyang: l’art de transformer une pause conditionnelle en rupture définitive

L’interprétation hâtive des déclarations de Pierre-Emerick Aubameyang relève davantage d’une mécanique classique de désinformation et de sensationnalisme médiatique que d’une mauvaise foi généralisée.

Lors de son passage le 1er septembre 2026 dans l’émission ‘’Talents d’Afrique’’ sur Canal+ Gabon, le capitaine des Panthères a employé le terme précis de «stand-by». Pourtant, une grande partie de la presse internationale et locale a immédiatement titré sur une «démission» ou une « retraite internationale définitive ».

En journalisme, le traitement de l’information sportive souffre souvent d’une course au clic. Dire qu’un joueur de 37 ans met la sélection en stand-by parce qu’il « attend des excuses » après avoir été publiquement «humilié et sali» par les autorités sportives de son pays est une nuance complexe.

Du coup, se mettre en ‘’stand-by’’ est traduit par de nombreux médias par «claquer la porte » ou « prendre sa retraite», certainement parce que cela est plus vendeur. Mais en réalité, il s’agit d’une désinformation par déformation sémantique: on transforme une pause conditionnelle en rupture définitive.

Ici, la frontière avec la mauvaise foi s’observe principalement du côté des instances et des analystes qui feignent de ne pas comprendre la nuance pour deux raisons: en qualifiant la décision de Pierre Emerick Aubameyang de «démission définitive», les autorités sportives et politiques (qui l’avaient désigné coupable du fiasco de la CAN 2025) s’évitent d’avoir à présenter les excuses publiques exigées par le joueur. Dire qu’il démissionne permet de tourner la page de force, à quelques jours des éliminatoires de la CAN 2027, sous l’égide du nouveau sélectionneur Sébastien Migné.

Le positionnement de l’attaquant du Deportivo La Corogne (Liga espagnole) n’est pas une démission, c’est une mise en retrait. Aubameyang n’exclut pas de revenir si le respect et la clarté sont rétablis au sein de la gouvernance de la fédération gabonaise de football (FEGAFOOT).

Les raccourcis médiatiques observés relèvent donc d’un mélange de désinformation par manque de rigueur factuelle et de mauvaise foi intéressée pour clore un conflit institutionnel gênant.

Adeline Babongui

 

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