Trump crée un troisième bloc!

La guerre ouverte par les États-Unis d’Amérique et Israël contre l’Iran montre, s’il en était encore besoin, que la longue et presque éternelle alliance entre les USA et l’Europe est bel et bien fissurée. Le monde va désormais tout droit vers la création d’un troisième bloc.
A la demande d’aide, avec une certaine condescendance, formulée à l’endroit de ses alliés de toujours par le président Donald Trump, pour la sécurisation du détroit d’Ormouz contrôlé depuis le début de la guerre par l’Iran, les alliés européens ont presque unanimement dit non. Une position qui a fait dire à Donald Trump que son pays n’avait d’ailleurs pas besoin d’eux: ‘’Nous avons la plus grande armée du monde’’, a-t-il rétorqué. Avant des leur rappeler, non sans une bonne dose de chantage, que ‘’nous vous avons protégé pendant plus de quarante ans’’.
Une attitude qui ne peut surprendre les observateurs avertis des relations qui unissent, depuis plus d’un demi siècle, les Etats-unis et l’Europe. Il faut dire que le retour, à la Maison blanche, de Donald Trump, par l’attitude affichée par le numéro 1 américain, n’est pas pour plaire aux éternels associés des USA. Son arrogance et son mépris pour ses homologues européens depuis le début de son deuxième à la tête des USA, montre un autre visage que celui qu’il a incarné à son premier règne.
Mais le revers de la médaille de cette attitude discourtoise, c’est que progressivement le fossé se creuse entre les grands alliés de l’Otan, au point que pour leur propre sécurité, chaque pays européen réorganise sa propre armée. Sans plus tenir compte des exigences et obligations imposées par l’Otan contrôlé des mains de maître par les USA. ‘’l’Amérique d’abord’’ prôné par Trump , n’est pas un simple slogan. Bien au contraire. Il se manifeste par une dislocation latente de l’organisation du traité de l’atlantique nord, signé le 4 avril 1949 à Washington (Otan), avec pour membres fondateurs: Belgique, Canada, Danemark, Etats-Unis, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni.
Pour sûr, les grandes divergences nées de la guerre en Iran sont venues raviver la mauvaise attitude de Donald Trump envers les dirigeants occidentaux. Ce qui aura forcément pour effet pour l’Europe de se renfermer sur elle-même et trouver des moyens propres à sécuriser ses États, sans plus compter sur le chantage des États-Unis. In fine, trois blocs pourraient se constituer: les États-Unis et ses inconditionnels comme Israël, l’Europe (avec son groupe de 27) et le bloc mené par la Russie et ses fidèles alliés dont le Chine.
Ici, toute la question est de savoir où sera la place de l’Afrique? Objet de convoitises permanentes des pays occidentaux, de la Chine, de l’Inde et depuis quelques années déjà par la Russie, le continent africain, dont les populations sont toujours plongées dans la naïveté avec des débats en faveur d’un camp ou d’un autre, doit comprendre que toutes les batailles et autres conflits ouverts par les puissances suscitées ont un seul nom: la course et au contrôle du leadership économique et la puissance militaire. Mais cela passe par l’exploitation et le contrôle des matières premières. Celles de l’Afrique surtout en premier. A bon entendeur…
Jean-Yves Ntoutoume


