Editorial

Opposition réelle ou virtuelle?

La question mérite d’être posée  au lendemain de la sortie médiatique d’un groupuscule de personnalités politiques se réclamant de l’opposition, qui ont affiché officiellement une ambition de mettre en place une plateforme politique commune de l’opposition contre le pouvoir d’Oligui Nguema.
Qu’une opposition digne de ce nom se réorganise sérieusement dans un pays où la démocratie est consacrée par la constitution, il n’y a rien à redire, mais à regarder ceux qui se sont réunis le 23 février dernier, on peut s’interroger sur la sincérité de ce regroupement hétéroclite.
D’abord, parmi les personnalités présentes, personne n’a un mandat électif alors que le pays vient de traverser de longues semaines de joutes électorales (septembre, octobre et novembre). Moments pendant lesquels, d’autres gabonais sollicitaient les suffrages des gabonais. Quand on sait que seules les élections politiques sont en général les seuls moyens pour un parti politique d’exister légitimement, cette posture est tout de même curieuse.
Pourtant, ces opposants déclarés ont pour objectif de changer de régime au regard de la situation « préoccupante » dans laquelle se trouve le pays. En dehors du cadre électoral, quel autre plan ont-ils pour y parvenir? Là gît le lièvre.
Dans les faits, les oppositions se sont toujours regroupées au Gabon depuis 1990, mais chacun avec ses propres objectifs, voire ses visées personnelles. Les égos surdimensionnés des uns et des autres ont  tout ravagé au passage. Résultat : zéro pointé, en termes d’alternative crédible. C’était à  l’époque du parti démocratique gabonais qui a toujours usé de tous les subterfuges  (loin de la volonté populaire), pour se maintenir au pouvoir.
Depuis le 12 avril 2025, un président a été élu comme jamais par le passé : 94,85% de suffrages exprimés avec un taux de participation record. La transition amorcée le 4 septembre 2023 a pris réellement fin en décembre 2025. Et depuis le 1er janvier 2026, un nouveau gouvernement a été mis en place. Cela fait donc deux mois que le gouvernement a pris ses marques. En deux mois, il est impossible d’exiger les résultats, quand bien même depuis le 30 août 2023, le Gabon a amorcé des grands chantiers et de grandes réformes.

Sur le terrain, les routes et autres infrastructures se construisent. La vie chère  trouve progressivement des solutions…Un plan est mis en place pour un véritable accès durable des populations à l’eau et à l’électricité. Pour sûr, on aura véritablement les résultats à moyen terme.

Par conséquent, se ‘’réorgsaniser’’ juste pour profiter des crises ponctuelles facilement gérables par le pouvoir démontre que cette nouvelle ‘’opposition’’ n’a véritablement pas une vision de développement du pays. Et connaissant les égos de ces nouveaux opposants, il difficile de croire qu’ils vont tenir le cap dans la durée.

 

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