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Union Africaine : Joao Lourenço ou le partisan des coups d’états constitutionnels

Du haut la tribune de la salle de conférences d’Addis Abeba en Ethiopie, où il prenait part, en compagnie de plusieurs de ses collègues chefs d’états, au 39ème sommet ordinaire de l’union africaine, le président angolais a fustigé ce qu’il a qualifié de ’’blanchiment’’, à savoir: les élections post putsch qui consacrent les militaires qui ont opéré des coups d’États dans leurs pays.

Il est évident que cette sortie n’est pas sans pointer du doigt les récents événements politiques enregistrés dans deux pays africains : le Gabon et la Guinée. Des pays qui ont renversé ce que M. Lourenço appelle l’ordre constitutionnel.
En effet, après avoir géré une transition politique de deux ans, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, a troqué son treillis militaire contre le costume d’un chef d’état élu pour ne pas dire plébiscité à 94,85%. Son homologue de la Guinée, Mamadi Doumbouya, qui a renversé Alpha Condé, lui a emboîté le pas, en refusant de se risquer dans l’inconnue, à l’instar de ses frères d’armes et homologues du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Il a été élu à 86,72% Pour sûr, les présidents gabonais et guinéen étaient dans le viseur du discours du chef de l’état angolais dans son discours.
En prenant une telle posture qui ne consiste qu’à stigmatiser les faiseurs des coups d’états militaires suivis des élections à l’issue desquelles ils sont plébiscités,  le président angolais a étalé son approbation aux auteurs des coups d’états constitutionnels et électoraux qui s’octroient allègrement des troisièmes et quatrièmes mandats après les manipulations des constitutions qui limitent généralement les mandats à deux.
Comme son parti le MPLA (mouvement populaire pour la libération de l’Angola), au pouvoir en Angola depuis 1975, Joao Lourenço préfère la manipulation des constitutions pour s’éterniser au pouvoir. Pour faire  51 ans de pouvoir, le MPLA a usé de toutes sortes de manigances comme celle qui consiste à passer d’un scrutin direct à un scrutin indirect, où une centaine de députés (124 sièges sur 220) peuvent élire le président de tout un pays.
Or, Justement, ce sont toutes ces manigances qui obligent, ces derniers temps, les militaires à sortir de leurs casernes pour chasser toutes ces dictatures qui prennent les peuples africains en otage. On comprend donc que c’est la peur d’être chassé au pouvoir que Laurenço a tenté de tirer la sonnette d’une alarme désormais défectueuse.
L’union Africaine étant toujours muette face aux multiples coups d’états constitutionnels et électoraux perpétrés sur le continent, c’est la meilleure tribune pour un partisan des magouilles politiques comme Joao Lorenzo, pour plaider la cause de tous ceux qui, à travers l’organisation des parodies d’élections, sont  scotchés au pouvoir des décennies durant.
Quid des peuples opprimés ? Lourenço et ses amis qui s’éternisent au pouvoir n’en ont cure.

À preuve, à Addis Abeba, le dirigeant angolais n’a pas relevé un seul instant que les militaires qu’il a accuse d’avoir fait dans le blanchiment électoral pour se donner un statut constitutionnel à leur pouvoir, ont été plébiscités par leurs différents peuples.

Normal, les dictateurs n’ont pas besoin de l’opinion du peuple. Ils imposent leurs points de vue. C’est tout!

Nelson Tchimbakala

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