Repenser la jeunesse gabonaise: une urgence!

Après la scène macabre vécue lundi 9 mars dernier au Lycée national Léon Mba, où un jeune de cet établissement de notoriété publique s’est suicidé devant parents, condisciples de classe et responsables de l’établissement, une urgence s‘impose. Celle de repenser la jeunesse gabonaise. Car, elle incarne l’avenir d’un pays. C’est elle qui prend place, lorsque les plus grands sont à la retraite ou qu’ils sont rappelés à Dieu.
Chaque jour qui passe, la délinquance juvénile grimpe à une vitesse vertigineuse. On peut dire que depuis la fin des années 90, on assiste à une transformation vicieuse et dangereuse de notre jeunesse. Généralement emportée par la drogue. On est passé du cannabis aux drogues dures diverses. Mais ces derniers temps, le tramadol (le célèbre cobolo): cet antalgique utilisé généralement pour traiter les douleurs, a été transformé par la jeunesse en une drogue par l’effet de surdosage et certainement de mélanges avec d’autres stupéfiants.
Tenez, en novembre 2025, un camion rempli de plaquettes de tramadol, en provenance du Cameroun, a été appréhendé au poste de contrôle de Bitam, au nord du Gabon. On ignore le nombre de camions qui ont échappé à la vigilance des contrôleurs à la frontière, ou qui sont passés avec la complicité de ces derniers, quand on sait la cupidité de certains fonctionnaires et autres citoyens dans leur folle course à l’enrichissement facile et illicite.
Depuis des années donc, de vraies solutions ne sont toujours pas trouvées, du moins officiellement, pour éradiquer ce fléau qui emporte nos enfants dans l’inconnu. L’éducation populaire, si elle existe encore dans ce pays, ne dit mot. Pour preuve, la sensibilisation allant dans ce sens, est invisible sur les canaux officiels. Jusqu’à quand, diantre, allons-nous continuer à assister, comme de simples spectateurs, à la destruction de nos enfants?
Le drame de lundi dernier est un signal négativement fort qui doit pousser les pouvoirs publics à réagir, dans les meilleurs délais. Les justifications alambiquées ne sont pas des solutions. Nos frontières sont poreuses, c’est d’abord à ce niveau qu’on doit commencer la traque. Dans les rues, les fouilles systématiques des jeunes doivent être autorisées et systématiques. Aux portails des établissements scolaires, tout élève de la 6ème en terminale doit passé au ‘’scanner’’ avant d’accéder à l’établissement. Il est aussi une réalité: les complices sont souvent ces adultes qui sont chargés de faire la garde, ils se laissent graisser la patte. A cet effet, des brigades mixtes doivent être constituées pour dissuader toute sorte de corruption.
Dans les médias, les spots de sensibilisation sur l’éducation des jeunes doivent se multiplier… Quant aux jeunes déjà sous l’emprise de la drogue, ils doivent être pris en charge dans les structures appropriées aux frais de l’Etat. Les jeunes déscolarisés doivent être suivis et réinsérés par le biais de la formation professionnelle.
Le Gabon a le devoir et l’impérieuse exigence de protéger sa jeunesse, pour la bonne relève de demain.


