Culture

Le « Yala » en perte de vitesse dans le mariage Fang !

Le « Yala » qui constitue la troisième et dernière phase du mariage
coutumier chez les Fang, est en voie de disparition au Gabon. Un rite
traditionnel matrimonial chargé d’histoires qui mérite d’être
revalorisé dans une société en perpétuelle perte
d’identité culturelle.

L’absence de « Yala » laisse un goût d’inachevé dans le mariage
coutumier Fang, a déploré Gertrude Ada Abessolo Minko, lors de sa conférence
circonstancielle, samedi 07 Mars dernier au quartier ‘’Cocotiers’’, dans le 2eme
arrondissement de Libreville. Une perte d’identité culturelle qui
mérite d’être revalorisée dans une société en perpétuelle mutation
marquée par la perte des valeurs culturelles ancestrales. « Une femme
dont les parents ont accompagné après les fiançailles et la dot,
divorce difficilement. Parce que le « Yala » consolide l’union du
couple chez les Fang » a souligné la conférencière Ekang, Gertrude Ada
Abessolo Minko, devant une assistance convaincue. Avant de renchérir
que : « de la même manière que les parents du marié accompagnent leurs
fils lors des fiançailles et de la dot du mariage coutumier Fang,
c’est aussi de cette façon que les parents de la mariée doivent à leur
tour honorer leur fille, en la déposant dignement chez son Mari,
accompagné de présents de valeur tels que les accessoires de cuisine,
de la chambre conjugale, voire du salon », a insisté la Conférencière.
Un rite qui symbolise aussi que la mariée n’appartient pas seulement à
la famille biologique du marié, mais à toutes les familles et clans du
village.

Une tradition foulée aux pieds aujourd’hui par les nouveaux
mariés qui survolent souvent cette dernière étape pour le mariage
civil et religieux pour des raisons de trésorerie ou sorcellaires.
Les gardiens de la tradition Ekang en appellent à une
meilleure prise de conscience collective pour sauver le « Yala », ce
maillon faible du mariage coutumier Fang en voie de disparition lors
des cérémonies traditionnelles. Une identité culturelle matrimoniale
Fang galvaudée par le modernisme béat entretenue par la nouvelle
génération. Mais aussi accentuée par des discours incendiaires contre
les pratiques traditionnelles par des nouveaux courants religieux qui
ont pignon sur rue dans la société gabonaise ces dernières décennies,
notamment les églises dites de réveil.

Une guéguerre qui ne semble pas décourager les Gardiennes du temple Ekang déterminées à redonner à la
tradition Fang ses lettres de noblesse.

Rufin Martial Oke Nze

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