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Sécurité privée en Afrique: la Chine implémente sa stratégie 

Comme la Russie avec Wagner devenu ’’Afrca Corps’’ après le décès de leur chef Evgueni Prigojine, la Chine installe progressivement son modèle de sécurité privée sur le continent. Une manœuvre qui se passe dans l’opacité et sans  dispositions légales y relatives. Dans certains pays africains, des effets  néfastes de cette stratégie commencent à ressentir.

Officiellement, la présence des sociétés de sécurité privées chinoises en Afrique est justifiée par la violence dont font face les travailleurs chinois en Afrique. En juillet 2024, par exemple, neuf ressortissants chinois ont été tués dans un site minier lié à la Chine dans la province de l’Uturi, au Nord-Est de la république démocratique du Congo. Neuf autre chinois ont été tués en 2023 dans un site d’extraction aurifère en république centrafricaine. Résultat: la Chine a décidé d’installer ses sociétés de sécurité privées pour sécuriser  ses investissements: entre 2007 et 2020, la Chine a investi 23 milliards de dollars dans les projets d’infrastructure en Afrique. La Chine veut également protéger ses ressortissants qui travaillent à travers le continent. Mais ici, tou se pas sans des dispositions légales en la matière. «Les lois nationales chinoises n’ont pas de juridiction sur les SSP actives à l’étranger, et la mise en application du droit international demeure un énorme défi. L’absence de cadre régulatoire robuste suscite des inquiétudes sur le besoin d’une meilleure prise de responsabilité concernant les opérations des SSP chinoise sur le continent», indique dans le journal of Afro-Asian Studies Habib Al-Badawi, professeur à l’université libanaise.

Pour l’analyste Valerio Fabbri pour geopplitica.info, la présence des SSP chinoises sur le continent sous prétexte de protéger les ressortissants chinois et les investissements de la Chine en Afrique est : «un stratagème  ingénieux de la Chine pour maintenir une présence militaire discrète en Afrique et éviter d’être vue comme une autre puissance coloniale».

Certes, ces sociétés de sécurité privées ont des restrictions concernant les armes. Toutefois, elles sont souvent impliquées dans des opérations violentes, à l’instar des fusillades et autres incidents violents, notamment au Kénya, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe.  Toute chose qui présente, selon le Pr Al-Badawi, des «risques potentiels et les dilemmes moraux liées aux opérations des SSP chinoises», et «suscite des débats sur leur respect des normes internationalement acceptées». Du coup, la présence croissante des sociétés de sécurité privées chinoises en Afrique «pourrait potentiellement conduire à l’intensification de l’interférence chinoise en Afrique, en plus des violations des droits de l’homme et des activités illégales croissantes», écrit M. Fabbri.  «A l’avenir, les SSP de Pékin soutenues par une prise de pied militaire chinoise en hausse en Afrique, suivent le chemin visant à se transformer en ‘’sociétés militaires privées’’ (SMP)», poursuit l’analyste.

Melchior Ndabeyene

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