La campagne après l’heure !

Depuis la fin du processus électoral marquant la boucle d’une transition amorcée le 4 septembre 2023, une sorte de campagne est insidieusement ouverte par plusieurs partis et divers mauvais perdants qui refusent la dictature du plus grand nombre.
Ainsi donc, depuis quelques semaines, ces « démocrates » autoproclamés envahissent les réseaux sociaux et les médias traditionnels, chacun théorisant sur sa parfaite maîtrise de la bonne gouvernance des affaires publiques. C’est à croire qu’ils n’ont pas eu suffisamment de temps lors des campagnes électorales pour exposer leurs programmes.
Dans cet élan, bien évidemment, le pouvoir est pris en grippe. Selon eux, rien ne marche depuis le 30 août 2023. Pire, depuis le plébiscite du président Oligui Nguema élu à 94,85% le 13 avril 2025, le pays, selon eux, vacille. « Il n’a aucun programme ».
Ici, la description qui est faite du Gabon est telle qu’on se croirait dans un pays miné par la famine et la faillite. Aux antipodes d’un Gabon dont les routes abandonnées depuis des lustres sont en chantier, les cités administratives en pleine construction, les solutions d’emplois matérialisées, les bourses rétablies aux élèves, les situations administratives en règlement progressif.
Quand ils évoquent la vie chère, le gouvernement répond par une mesure courageuse: la suspension des taxes multiformes pour alléger le panier de la ménagère, en sus de la très prochaine mise en place d’une centrale d’achat. Lorsqu’ils ces « leaders » sans base politique ou sociologique, soulèvent la question du transport, une centaine de bus flambants neufs illuminent le parking de la société de transport public…
En écumant la place publique avec une communication mensongère au regard de la réalité du terrain, ils expriment une certaine colère: celle d’avoir échoué aux élections et d’être mis en touche, eux qui ont, pour la plupart, toujours été aux affaires sans résultats en faveur du bien-être des populations. Ils sortent alors la stratégie qui a toujours fonctionné sous le règne Bongo-PDG: crier sur tous les toits pour se faire entendre par le palais, afin d’être appelés autour de la table à palabres et espérer sa part du gâteau.
Oui, depuis plus de 50 ans, le « gâteau Gabon » a toujours été partagé entre politicards au détriment du bon peuple. Mais une fois un regard considérable est jeté sur ce peuple par un pouvoir qui a juré de lui rendre sa dignité, les mêmes politicards ruent dans les brancards.
Quelle vie!
Jean-Yves Ntoutoume


