Éducation nationale: éviter l’enlisement !

Le Ministère de l’éducation Nationale secouée par une grève générale
illimitée depuis près d’un mois a expliqué le
processus de régularisation des situations administratives des
enseignants à la faveur d’un communiqué de presse publié sur sa
plateforme numérique. Un pas en avant dans une négociation où chaque partie doit faire des concessions.
La reprise des cours n’a pas été totale le 2 février dernier, comme annoncé par le gouvernement et une partie des syndicalistes de l’éducation nationale. Mais jusqu’au moment où nous écrivions ces lignes, on note une progression dans le processus de reprise des cours. Du coup, un nouveau calendrier scolaire a été rendu public en milieu de semaine. Ce dernier prolonge les cours jusqu’au 30 juin 2026 pour les classes sans examen. De même, certaines vacances intermédiaires ont été retirées pour gagner du temps.
Mercredi 28 janvier dernier, responsables de la plateforme « SOS Éducation » et la tutelle ministérielle ont officiellement annoncé la reprise effective des cours, en attendant la décision définitive, très prochaine, de la base. À l’issue de plusieurs séances de travail de la Commission tripartite (éducation nationale, Budget et syndicats du secteur éducation), le ministère de l’Éducation nationale a informé la communauté
éducative qu’au titre de la période 2024–2025, un total de 2 219
enseignants a bénéficié d’actes de titularisation, d’avancement et de
reclassement après stage » indique le communiqué de presse. Un
processus de régularisation administrative en cours qui devrait
impacter près de 10000 enseignants d’ici fin 2026.
« Dans le registre d’intégration et de présalaires, le nombre d’agents
bénéficiaires s’établit comme suit :
2024–2025 : 726 ;
2026 : 2 958, dont 288 ENS, 39 ENSET, 21 COP, 692 sortants des ENI,
108 professeurs de sciences et 1 810 postulants à la fonction
enseignante, anciennement appelés bénévoles » précise la même source.
En outre, le Ministère porte à la connaissance de l’ensemble des
personnels que la liste des 4 000 agents programmés au titre de
l’année 2026 sera rendue publique à l’issue des travaux du Comité
technique de suivi-évaluation de la Commission tripartite Éducation –
Fonction publique – Budget.
À l’achèvement du traitement des dossiers de l’exercice 2026 puis en
tenant compte de 2024 et 2025, le nombre total de bénéficiaires sur
l’ensemble atteint 9.903 agents. Une meilleure prise en compte des
desiderata des enseignants qui devrait décrisper le climat délétère
qui prévaut dans le système éducatif gabonais depuis bientôt un mois,
notamment dans le secteur public avec son corollaire de grève générale
illimitée. »Je sais que tout n’est pas encore totalement réglé. Mais le
travail avance, avec sérieux, responsabilité et humanité » a déclaré la
Ministre de l’Éducation Nationale, Camélia Ntoutoume, s’adressant aux
élèves récemment dans son compte numérique.
Une chose est sure, dans la situation actuelle du pays, on ne peut trouver une solution définitive à une situation de blocage de plus de dix ans. La meilleure méthode est de progresser dans le processus, afin de satisfaire tout le monde. Ici, c’est tout le système de recrutement et de régularisation des situations administratives de l’agent public qui doit être profondément revu et corrigé, pour éviter que de telles situations ne surviennent à l’avenir.
Rufin Martial Oke Nze




